ART CONTEMPORAIN

La ville de Metz accueille son Centre Pompidou

Le Centre Pompidou-Metz doit être inauguré ce mardi en présence du président Nicolas Sarkozy. Première décentralisation d'un établissement culturel national, ce nouveau lieu a vocation à accueillir des expositions temporaires.

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AFP- Le Centre Pompidou-Metz (CPM), première décentralisation d'un établissement culturel national, a effectué lundi devant la presse nationale et internationale une éblouissante revue de détail, à la veille de son inauguration mardi par Nicolas Sarkozy.

Trois ans après sa mise en construction au printemps 2007, le CPM, "oeuvre de haute couture" conçu par le Japonais Shigeru Ban et le Français Jean de Gastines, se présente comme trois boîtes à chaussures superposées, coiffées d'un chapeau chinois et portées par six piliers coniques et une flèche centrale.

Pompidou-Metz, dont l'architecture épuise déjà les qualificatifs, "sera une machine à exposer", a dit Alain Seban, président des centres Pompidou de Paris et Metz, devant les journalistes auxquels avait été donné le privilège de visiter cette "chimère entre musée et centre d'art".

(AFP)
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D'une superficie de 5.000 m2, un des plus vastes espaces d'exposition temporaire d'Europe, le CPM se présente, à 80 minutes en TGV de Paris, comme un lieu pluridisciplinaire censé faire de Metz (130.000 habitants) une plate-forme culturelle au coeur de l'Europe, à l'égal de Bilbao (Espagne) et son musée Guggenheim d'art contemporain.

Sous les cimaises et dans les travées, la dernière main était donnée lundi à l'exposition inaugurale "Chefs-d'oeuvre?" où les plus grands créateurs de l'art moderne et contemporain ont été convoqués, de Braque, Malevitch, Chagall, Léger et Brancusi à Bellmer, Kandinsky, Picasso, Max Ernst, Pollock, Giacometti et Dubuffet.

Au total, 780 oeuvres, dont certaines monumentales, ont été rassemblées à Metz par Laurent Le Bon, directeur du CPM, pour couvrir tous les champs chronologiques et tous les secteurs de la collection de Pompidou-Paris.

Peintures, sculptures, installations, arts graphiques, photographies, vidéos, oeuvres sonores, cinéma, design: toutes les formes d'expression de toutes les écoles écloses depuis 1905 sont ainsi représentées.

Laurent Le Bon, directeur du CPM. (AFP)
Laurent Le Bon, directeur du CPM. (AFP)

"Il s'agit de faire se rencontrer le public le plus large avec les formes les plus contemporaines de l'art et de la création pour nourrir une réflexion sur les notions de goût et de jugement esthétique", a expliqué M. Le Bon devant un auditoire qui venait de visiter les galeries.

Ni centre d'art dévolu seulement à des expositions temporaires ni musée puisqu'il ne possède pas de collections permanentes, le CPM "va permettre à Metz de se défaire définitivement de son image de ville de garnison, qu'elle n'est plus, et de cité industrielle, qu'elle n'a jamais été", selon Dominique Gros, maire de la capitale de la Lorraine.

"L'offre culturelle est devenue un facteur incontournable de développement d'une ville ou d'un territoire", a ajouté Antoine Fonte, adjoint à la culture. "Dans une Lorraine en pleine reconversion, le CPM renforcera la mutation de la ville vers le tertiaire et les services", ajoute-t-il.

Construit pour 72,5 millions d'euros en lisière du centre-ville, le CPM se dresse désormais dans le nouveau quartier de l'Amphithéâtre où sont en construction, pour 150 millions d'euros, des logements, des commerces, une cité des congrès et une médiathèque qui préfigurent le Metz du 21e siècle.
 

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