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FRANCE

Lancement du processus d'interdiction du voile intégral à l'Assemblée

Texte par : Dépêche
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Vidéo par : FRANCE 2
3 min

Avant l'examen en juillet du projet de loi interdisant le port du voile intégral dans les espaces publics, les députés ont adopté ce mardi à l'unanimité une résolution de l'UMP allant de ce sens.

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Le port de la burqa en Europe

AFP - L'Assemblée a voté mardi la proposition de résolution UMP, "voeu" contre le port du voile intégral, première étape symbolique et consensuelle avant son interdiction dans l'espace public via un projet de loi beaucoup plus polémique, qui sera débattu début juillet.

La résolution a été adoptée à l'unanimité des 434 députés ayant pris part au vote (UMP, NC, PS, PRG, MPF, 1 PCF et deux MoDem, dont François Bayrou). Les Verts et les autres députés communistes ont refusé de participer au scrutin pour ne pas cautionner une "opération" de "stigmatisation" des musulmans.

"Nous ne participerons pas à ce vote mascarade. Vous n'obtiendrez pas de nous un consensus qui vaudrait pour le projet de loi gouvernemental qui suivra", a déclaré Alain Bocquet (PCF). Lionnel Luca (UMP) les a accusés de vouloir ainsi "racoler l'électorat de banlieue".

Procédure parlementaire née de la révision constitutionnelle de 2008, la résolution n'a aucun pouvoir contraignant. Celle des députés UMP et de leur président, Jean-François Copé, réaffirme le principe d'égalité entre hommes et femmes et proclame que le port du voile intégral est une "pratique radicale contraire aux valeurs de la République".

Seule exception au PCF, André Gerin, qui avait ouvert le débat en juin 2009 et présidé la mission parlementaire sur le voile intégral, a appelé à "choisir la République contre la barbarie" et lutter contre "la gangrène" qui "a commencé", en "votant la résolution puis la loi".

"Nous ne pouvons laisser le voile intégral couvrir le visage de notre République", a lancé M. Copé en appelant lui aussi les députés à dépasser les clivages partisans.

Le Nouveau Centre a nuancé son soutien d'un "regret": que le processus consensuel initié par la mission parlementaire" ait été perturbé par le cavalier seul du groupe UMP.

Le PS a apporté un soutien teinté de méfiance. "Nous voterons sans aucune tergiversation cette résolution mais nous le ferons les yeux ouverts... sans illusion" car "nous ne sommes pas dupes", a lancé Jean Glavany en dénonçant une "manoeuvre politicienne".

"Quand il s'agira de débattre d'un texte de loi, nous serons toujours disponibles pour un consensus républicain, mais encore plus exigeants", a-t-il prévenu.

La résolution précède en effet le projet de loi, qui sera présenté le 19 mai en Conseil des ministres pour acter l'interdiction du port du voile intégral dans tout l'espace public.

Oui à la résolution, non au projet de loi d'interdiction générale, a répété le numéro un du PS, Martine Aubry, pour qui "interdire sur l'ensemble de l'espace public ne sera pas opérant, risque d'être stigmatisant et surtout inefficace car totalement inappliqué".

A l'unanimité, le groupe PS a adopté mardi une contre-proposition qu'il déposera sous forme de proposition de loi. Tenant compte des réserves émises par le Conseil d'Etat, il propose de bannir le voile intégral des services publics et commerces. Donc pas dans la rue.

Mais plusieurs socialistes, comme Manuel Valls et Aurélie Filippetti, sont prêts à voter le texte gouvernemental, qui sera débattu début juillet à l'Assemblée et sans doute en septembre au Sénat. Gouvernement et UMP misent sur un vote conforme de la Haute Assemblée pour un vote définitif rapide.

"Le gouvernement est déterminé à se donner tous les moyens pour lutter contre des pratiques contraires aux valeurs républicaines", a promis le garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie.

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