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THAÏLANDE

Un général proche des "chemises rouges" grièvement blessé, un manifestant tué

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Vidéo par : Cyril PAYEN
3 min

La tension est encore montée d'un cran à Bangkok après que le gouvernement a annulé la tenue d'élections anticipées en novembre. Un chef militaire rebelle proche des "chemises rouges" a été blessé par balle et un manifestant a été tué.

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Khattiya Sawasdipol, un militaire thaïlandais qui a choisi le camp des manifestants anti-gouvernement, a été gravement blessé dans les tirs qui ont éclaté, jeudi, alors que l’armée thaïlandaise encerclait depuis 18 heures (heure locale) les milliers d’insurgés retranchés dans un quartier commercial de Bangkok, la capitale. Un manifestant qui se trouvait sur place a lui été tué par balle dans les heurts.

Après avoir vainement tenté de convaincre ceux qu’on désigne par les "chemises rouges" de quitter avant mercredi à minuit cette zone qu’ils occupent depuis cinq semaines, le gouvernement a décidé d’envoyer des renforts militaires et des blindés.

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L’opération, qui a reçu pour nom de code "Rajprasong", le nom du quartier, a débuté peu après 18 heures. Très rapidement, une explosion de forte puissance et des tirs d'armes automatiques ont retenti dans le centre de la capitale, suivis de sirènes d'ambulance. Selon des sources médicales, plusieurs personnes ont été rapidement envoyées à l’hôpital de Silom, un quartier proche du camp retranché des opposants. Khattiya Sawasdipol, alias "Seh Daeng", touché par une balle, a été hospitalisé dans un état critique. Cyril Payen, le correspondant de FRANCE 24, qui a assisté à la scène rapporte que l’homme, considéré comme un héros pas les "chemises rouges", "a été touché en pleine tête".

"Tout peut déraper en quelques heures"

Un calme relatif est maintenant revenu mais les États-Unis ont néanmoins décidé de fermer leur ambassade. "Les familles sont totalement terrorisées. Ici, tout le monde est allongé par terre dans l’obscurité la plus totale et on ne sait pas ce qui se passe", précise Cyril Payen.

"Cette crise est la plus grave que le pays ait connue depuis deux décennies, tout peut déraper en quelques heures", analyse le journaliste.

Selon lui, l’armée a envoyé 32 000 soldats supplémentaires sur place. Le gouvernement avait prévu en effet de couper l’électricité, les vivres et les moyens de communication téléphoniques dans le quartier afin d'isoler davantage encore les partisans de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra. L’état d’urgence a par ailleurs été étendu à quatre autres provinces du pays.

"L’inculpation de Thaugsuban suffirait à nous faire partir"

Ces mesures ne semblent pourtant pas inquiéter les manifestants. "Nous utilisons notre propre électricité, donc nous ne sommes pas dépendants des sources d'énergie publiques. Pour ce qui est de l'eau, si le gouvernement décide de la couper, cela affectera la moitié de la ville" dont des hôpitaux, des écoles et des ambassades, expliquait, mercredi soir, aux journalistes Jatuporn Prompan, l’un des leaders des "chemises rouges".

En début de semaine, les "chemises rouges" ont bloqué le processus de sortie de crise, engagé il y a dix jours, et ont exigé l'inculpation du numéro deux du gouvernement, Suthep Thaugsuban, qu'ils jugent responsable de la répression du 10 avril qui avait causé la mort de 25 personnes et blessé quelque 800 personnes. Décidés à aller au bout de leur combat, les insurgés ont réaffirmé que son inculpation n'était pas négociable et qu’elle suffirait à leur départ. Face à cette réaction, le Premier ministre, Abhisit Vejjajiva, a décidé d’annuler les élections législatives anticipées qui devaient se tenir le 14 novembre.

 

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