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Levée de boucliers contre la cure d'austérité adoptée par le gouvernement

Dans le Nord du Portugal, le gouvernement impose de nouveaux péages sur les autoroutes. Une mesure qui s'inscrit dans le plan d'austérité adopté par le Premier ministre, José Socrates, qui provoque la fronde des usagers. Reportage.

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Après la déconfiture économique de la Grèce, ces dernières semaines, plusieurs pays européens ont été contraints de mettre en place des mesures drastiques pour ramener leur déficit budgétaire sous les 3 % du produit intérieur brut (PIB). Dans le sillage de l’Espagne, le Portugal a annoncé, jeudi, la mise en place de mesures d’austérité.

Cette opération, qui s’attaque à de nombreux secteurs, vise à ramener le déficit dans les normes européennes d’ici à 2013. Parmi les engagements phares du plan annoncé par le gouvernement figurent notamment des coupes franches dans les salaires des cadres de la fonction publique, une hausse de l’impôt sur les grandes fortunes, une augmentation d’un point de la TVA à hauteur de 21 %.

Mais au Portugal, cette cure d’austérité peine à trouver le soutien de la population. Les classes moyennes, notamment, se sentent asphyxiées et dénoncent des impôts "injustes" après les années de restrictions imposées par le gouvernement du Premier ministre José Socrates.

Dans le nord du pays, de nombreuses autoroutes étaient jusqu’alors gratuites. À partir du 1er juillet, les automobilistes devront payer pour en emprunter certains tronçons. Une situation inextricable pour de nombreux travailleurs qui verront désormais une importante part de leur salaire avalé par les nouveaux impôts routiers, à l’image de Luciano Moura, huissier de justice, qui parcourt 140 kilomètres par jour : "Le péage coûtera 11,20 euros par jour. Il y a 22 jours de travail par mois. Donc le péage représente une dépense de 240 euros tous les mois. Si vous comptez l’essence, le prix de ces trajets équivaudra à environ un tiers du salaire moyen au Portugal."

Les mesures du gouvernement Socrates particulièrement mal accueillies par les usagers du réseau routier du nord du pays, qui revendiquent le soutien de plusieurs élus locaux. Ils regrettent notamment que ces mesures ne soient pas appliquées à l’ensemble du territoire, malgré l’appel du gouvernement à un effort national. Le sud du pays, plus touristique, est pour le moment épargné par ces péages : "Je suis convaincu que c’est un impôt injuste ! Il y a des zones où les gens ont plus de pouvoir d’achat. Je pense par exemple au sud du pays, dans l’Algarve, une zone très touristique… Là-bas, il n’y a pas de péage prévu sur les autoroutes !"

Un argument qui n’a pour le moment pas trouvé écho auprès du gouvernement portugais. José Lello, député socialiste, reconnaît que le salut du pays ne s’obtiendra pas sans un manque à gagner politique mais reste persuadé que les sacrifices sont inévitables : "Nous avons une feuille de route dont nous savons qu’elle aura un coût politique. Nous devons faire des grands sacrifices maintenant, pour le bien du Portugal. Mais pas seulement. Nous espérons que ces sacrifices serviront à l’Union européenne, en particulier à la zone euro, pour qu’elle se réforme."

Une position compliquée, mais qui a néanmoins déjà obtenu le soutien du PSD, principal parti d’opposition.

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