IRAK

Une rencontre de football ensanglantée par un double attentat meurtrier

Texte par : Dépêche
4 mn

L'explosion d'une voiture piégée et une attaque perpétrée par un kamikaze en marge d'un match de football organisé près de Mossoul, dans le nord de l'Irak, ont fait au moins 25 morts et des dizaines de blessés.

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AFP - Au moins 25 personnes ont été tuées et une centaine blessées vendredi dans un double attentat, dont un commis par un kamikaze, lors d'un match de football dans le nord de l'Irak, a indiqué une source au ministère de l'Intérieur.

Cet attentat intervient au lendemain d'un communiqué du nouveau "ministre de la Guerre" de l'Etat islamique en Irak, ombrelle de plusieurs organisations chapeautée par Al-Qaïda, qui a annoncé le lancement d'une campagne militaire après la mort des deux chefs du réseau tué fin avril dans un raid irako-américain.

Une voiture piégée a explosé et un kamikaze a détonné sa ceinture d'explosifs alors que deux équipes locales s'affrontaient à Tal Afar, une ville à 380 km au nord de Bagdad, selon la source au ministère de l'Intérieur. 25 personnes ont été tuées et 120 autres blessées.

Le terrain de football, où étaient rassemblées plus de 200 personnes, en majorité chiite, n'était protégé par aucune barrière, selon un officier de police de la province de Ninive ainsi qu'une source médicale et un témoin.

"De nombreuses personnes étaient rassemblées pour regarder le match. Nous avons entendu une grosse explosion et les spectateurs derrière m'ont protégé des éclats", a affirmé à l'AFP Hussein Nachad, 29 ans, un témoin de l'attaque.

"Je me suis mis à courir puis j'ai entendu quelqu'un crier +Allah Akbar+ et il y a eu une seconde explosion", a-t-il ajouté, joint au téléphone à l'hôpital de Tal Afar où il se remettait du choc.

La violence a également touché Bagdad, où quatre personnes ont été tuées et huit blessées dans l'explosion d'une bombe dans le quartier de Azamiya (nord), selon le ministère de l'Intérieur.

Le double attentat de Tal Afar intervient au lendemain d'un communiqué de la branche irakienne d'Al-Qaïda, dans lequel le nouveau "ministre de la Guerre", al-Nasser Lidinallah Abou Souleiman, a décrété le lancement d'une campagne militaire pour "venger" les victimes des apostats après la mort des deux chefs de ce réseau en Irak.

Le chef politique d'Al-Qaïda en Irak, Abou Omar al-Bagdadi, et son chef militaire, Abou Ayyoub al-Masri, qui entretenaient des relations suivies avec Oussama ben Laden selon Bagdad, ont été tués le 18 avril dans une opération conjointe irako-américaine.

Tal Afar, une ville turcomane à majorité chiite, fut le théâtre de sanglants attentats et de batailles contre le réseau Al-Qaïda. Proche de la frontière syrienne, cette ville fut longtemps une des voies d'infiltration des insurgés en Irak.

Le dernier attentat sanglant dans cette ville remonte au 16 octobre 2009 lorsqu'un kamikaze avait d'abord tué avec son pistolet l'imam de la mosquée al-Moultaqa puis s'était fait exploser parmi les fidèles, tuant 12 personnes et en blessant 67 autres.

Le 9 juillet 2009 35 personnes avaient été tuées et plus de 60 blessées dans un double attentat suicide dans un quartier résidentiel de cette ville.

Le 27 mars 2007, Tal Afar, avait été dévasté par une vague de folie meurtrière opposant chiites et sunnites ayant fait au moins 155 morts. Un camion conduit par un kamikaze et une voiture piégée avaient frappé à quelques minutes d'intervalle deux quartiers chiites faisant 85 tués et 183 blessés.

Peu après, des hommes armés avaient investi le quartier sunnite d'al-Wahda, dans le sud de Tal Afar, et s'étaient livrés à des exécutions sommaires, faisant 70 tués, 30 blessés et quarante disparus.

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