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UN CERTAIN REGARD

A 101 ans, Manoel de Oliveira en forme olympique sur la Croisette

4 mn

Dans son dernier film en compétition à Cannes "L’étrange affaire Angelica", le réalisateur centenaire offre aux spectateurs une œuvre émouvante et surannée, transposée dans le monde contemporain.

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, envoyé spécial à Cannes

Son âge le propulse au rang de réalisateur le plus âgé de la planète. A 101 ans, Manoel de Oliveira a pourtant fait illusion lors de la soirée qui a suivi la projection de son film "L’étrange affaire Angelica", jeudi soir.

Oliveira qui a réalisé son premier film en 1931 et monté les marches du célèbre festival six fois, est dans une forme éblouissante : il a à peine changé depuis ses 70 ans. Son rythme de travail témoigne de sa vitalité puisqu’il a réalisé pas moins d’un film par an depuis 1990. Quel est son secret ?

 

Pas de miracle : "Plus jeune, il était gymnaste professionnel, il n’a jamais cessé de courir et de nager", explique Mireia Ibars, directrice de post-production qui a travaillé avec le réalisateur à deux reprises. "Mais sa santé intellectuelle est bien plus impressionnante que sa vitalité physique", ajoute-t-elle.

Le réalisateur n’était pas disponible pour commenter, mais Mireia Ibars affirme que l’âge du réalisateur n’affecte pas du tout les tournages : "Il ne supporte pas que les gens soient constamment derrière lui pour l’aider en cas de besoin", explique-t-elle, "Il sait exactement ce qu’il fait et ce qu’il veut".

Ce maître du cinéma livre à nouveau une grande œuvre avec "L’étrange affaire Angelica", l’histoire d’un photographe juif (interprété par le petit-fils du réalisateur, Ricardo Trepa) qui tombe désespérément amoureux d’une femme morte (jouée par Pilar Lopez de Ayala) pourtant bien réelle à ses yeux.

Ce nouveau film ne déroge pas à la marque de fabrique du réalisateur : un style visuel élégant, des dialogues mesurés qui articulent souvent explicitement les thèmes du récit, une tonalité poétique et fantaisiste, et une bande-son composée de piano classique.

Son film a été acclamé à Cannes, bien que des voix dissonantes dénoncent l’indulgence que son exceptionnelle longévité lui vaudrait.

"L’étrange affaire Angelica" est un film lent, froid, quelque peu rigide et assez distant. Mais c’est aussi une œuvre singulière, émouvante et désuète. Un film original réalisé par un homme dont la vie a survolé les époques et dont le style a résisté aux prouesses technologiques. Le film est une fable romantique des années 1930 ou 40, une fable qui remonte aux films muets, transposée dans le monde contemporain.

Il ne vous laisse peut-être pas rivé à votre siège, mais il reste ancré en vous tandis que les lumières se rallument. A tel point que vous vous surprendrez à avoir envie de le revoir. Et même si le film aborde le thème de la mort, il serait erroné d’y voir le chant du cygne du réalisateur ; la rumeur prétend que l’infatigable Oliveira se lancerait dans la préparation d’un nouveau film.

 

 

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