ÉTATS-UNIS

Pressé par Washington, BP peine à réparer les dégâts provoqués par la marée noire

Texte par : Dépêche
4 mn

L'administration américaine fait pression sur le pétrolier BP qui échoue toujours à colmater la fuite due à l'explosion il y a trois semaines d'une plateforme au large de la Louisianne provoquant ce qui serait la pire marée noire des Etats-Unis.

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AFP- De nouvelles galettes de pétrole ont été repérées samedi en Louisiane, alors que BP, qui essaie toujours de canaliser la fuite de brut au fond du golfe du Mexique, a été pressé par Washington de préciser ses intentions sur la prise en charge de la pollution.

Plus de trois semaines après l'explosion, puis le naufrage, de la plateforme Deepwater Horizon, des boulettes d'or noir ont été retrouvées à au moins deux nouveaux endroits: à Whiskey Island, en Louisiane, et à Long Beach, au Mississippi, a indiqué à l'AFP un porte-parole des garde-côtes, Erik Swanson.

Egalement, des crevettes mazoutées ont été attrapées par un chalutier au large de la Louisiane, a indiqué le gouvernement de cet Etat, le plus gros producteur de poissons et de fruits de mer des Etats-Unis.

La pêche vient de rouvrir dans plusieurs zones visées par un arrêté la semaine dernière, mais elle pourrait être suspendue à nouveau, des centaines de bandes de pétrole progressant aléatoirement vers les côtes américaines.

Au moins 800.000 litres de pétrole continuent à se déverser tous les jours dans la mer selon les estimations officielles, 5 à 20 fois plus selon des experts, et BP, qui exploitait la plateforme, n'est toujours pas parvenu à colmater la fuite à 1.500 m de profondeur.

Le géant britannique a commencé vendredi à raccorder au puits un tube relié à un pétrolier, mais les opérations posent plus de difficultés que prévu, a indiqué un porte-parole de BP, John Crabtree.

"Nous espérions que cela allait être opérationnel la nuit dernière", a-t-il avoué. "C'est un procédé vraiment compliqué et cela n'a jamais été fait auparavant", a dit un autre porte-parole du groupe, Mark Proegler, estimant qu'il avait été "très optimiste de dire qu'il serait opérationnel dès la nuit dernière."

Au lendemain de la colère de Barack Obama, qui a accusé les dirigeants des trois compagnies impliquées dans le naufrage de la plateforme d'avoir présenté devant le Congrès "un spectacle ridicule" en se renvoyant la responsabilité de la catastrophe, BP s'est à nouveau retrouvé dans le collimateur de Washington.

Dans une lettre adressée samedi au directeur général du groupe britannique, et rendue publique, deux ministres américains ont pressé la compagnie pétrolière de préciser ses "vrais intentions" concernant la prise en charge des indemnisations liées à la marée noire.

"Les gens ont droit à une explication claire sur les engagements de BP à réparer tous les dégâts qui ont été occasionnés ou qui le seront", écrivent au directeur général de BP, Tony Hayward, le secrétaire aux Affaires intérieures Ken Salazar et la secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano.

Surtout que, soulignent-ils, le groupe pétrolier a dit publiquement qu'il assumerait tous les coûts associés à la lutte contre la marée noire et au nettoyage de la pollution.

BP a en effet annoncé mardi devant le Congrès qu'il verserait aux victimes de la marée noire du golfe du Mexique une somme supérieure au plafond de 75 millions de dollars prévu par la loi.

"Pour être sûrs que nous avons bien compris, nous vous demandons une clarification publique immédiate des vraies intentions de BP", ont conclu les deux ministres.

Pour répondre à ce qui semble être la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis, Washington a dépêché sur les côtes de Louisiane, du Mississippi, de l'Alabama et de Floride plus de 13.000 personnes, qui sont assistées par des milliers de bénévoles, ainsi que par des pêcheurs recrutés par BP pour notamment installer des kilomètres de bouées.

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