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IRAN

Clotilde Reiss est arrivée à Paris

Texte par : Dépêche
3 min

Autorisée à quitter le pays après le paiement d'une amende, la jeune universitaire française, Clotilde Reiss, est arrivée à Paris en début d'après-midi, où l'attendait sa famille. Elle a été reçue à l'Élysée par Nicolas Sarkozy.

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AFP - Clotilde Reiss, retenue pendant dix mois en Iran, est revenue dimanche à Paris où elle a été reçue par Nicolas Sarkozy, qui a remercié les présidents brésilien, sénégalais et syrien pour leur "rôle actif" dans une libération soumise à "aucun marchandage", selon le Quai d'Orsay.

Accompagnée de sa famille, l'universitaire française de 24 ans, qui avait été accusée d'atteinte à la sécurité de l'Iran après avoir participé à des manifestations, était arrivée à 14H15 à l'Elysée.

La libération de Clotilde Reiss

A l'issue d'un entretien avec le président, Clotilde Reiss, tailleur-pantalon noir et T-shirt rayé, l'a remercié d'avoir "défendu son innocence".

Elle a rendu hommage aux codétenus qu'elle a côtoyés quand elle était emprisonnée en Iran pendant six semaines (1er juillet-mi-août 2009), notamment deux hommes qui ont été exécutés.

Clotide Reiss était rentrée via Dubaï à bord d'un avion du gouvernement français qui s'était posé vers 13H20 à Villacoublay (Yvelines).

Son retour clôt une affaire qui a empoisonné les relations franco-iraniennes, par ailleurs tendues par la question nucléaire.

Retenue pour avoir participé à des manifestations anti-gouvernementales en juin 2009, la jeune femme a quitté l'Iran après un jugement la condamnant samedi à une amende "de 300 millions de tomans (environ 230.000 euros, ndlr) que j'ai payée ce matin", avait déclaré son avocat, Me Mohammad-Ali Mahdavi Sabet.

Elle s'est vu infliger deux peines de cinq ans de prison, immédiatement commuées en amende par "décision de clémence" du régime, avait-il précisé.

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Ce jugement est intervenu quelques jours après le refus de la justice française d'extrader vers les Etats-Unis un ingénieur iranien, Majid Kakavand, qui a regagné l'Iran la semaine dernière.

Paris et Téhéran ont récusé tout lien entre ces dossiers. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a assuré sur Radio J qu'il n'y avait eu "aucun marchandage" ni "contrepartie" à cette libération.

Un peu plus tôt, Téhéran avait affirmé que la libération n'avait "rien à voir" avec celle de Majid Kakavand.

Après l'élargissement de ce dernier, Téhéran avait toutefois déclaré espérer une "décision rapide" concernant Clotilde Reiss.

M. Sarkozy a remercié "tout particulièrement le président du Brésil, Lula da Silva, le président du Sénégal Abdoulaye Wade, et le président de la Syrie Bachar al Assad, pour leur rôle actif" dans la libération de Clotilde, "retenue injustement en Iran", et dont il a salué le "courage" et la "dignité".

Samedi, le Sénégal a affirmé avoir joué un rôle grâce à la médiation menée depuis septembre 2009 par M. Wade, président en exercice de l'Organisation de la conférence islamique.

Lectrice à l'université d'Ispahan (centre), la jeune femme était accusée d'atteinte à la sécurité nationale de l'Iran, notamment pour avoir rassemblé des informations et photos lors de manifestations contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad.

Arrêtée le 1er juillet juste avant de repartir pour la France, elle avait été libérée sous caution le 16 août, avec obligation de résider à l'ambassade de France.

Lors de sa première comparution, Clotilde Reiss avait reconnu avoir participé "pour motifs personnels" aux manifestations et rédigé un rapport pour un institut dépendant du service culturel de l'ambassade de France.

La justice française doit se prononcer mardi sur la libération conditionnelle de l'Iranien Ali Vakili Rad, condamné en 1994 en France pour l'assassinat de l'ex-Premier ministre iranien Chapour Bakhtiar, et dont le nom a été souvent cité dans le cadre de l'affaire Reiss.

En France, François Fillon a exprimé "sa très grande joie", l'UMP a parlé de "soulagement collectif national" et le PS, tout en se réjouissant, a rappelé le sort de "milliers d'opposants" iraniens emprisonnés.

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