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"Biutiful", escale barcelonaise du cinéaste mexicain Inarritu

Le cinéaste mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu présente à Cannes en compétition officielle, un film sombre, construit autour d'un père de famille (Javier Bardem) et tourné à Barcelone.

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, envoyés spéciaux à Cannes

Le sxième jour de compétition à Cannes s'est ouvert avec la projection du film "Biutiful" du réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu. Le Grand théâtre Lumière n'a pas suffi lundi matin pour accueillir la horde de journalistes qui souhaitaient visionner le seul film mexicain en sélection officielle. Une seconde salle est ouverte à la dernière minute pour recevoir le trop-plein de spectateurs. Comme à son habitude, le réalisateur mexicain présente un film très sombre autour d'un thème qui l'obsède: la paternité.

Ce quatrième long-métrage raconte l'histoire d'un homme (Javier Bardem), ancien dealer, père de famille, qui lutte pour garder son équilibre psychologique, pour protéger ses enfants et pour régler ses comptes avec le passé. Même si le cinéaste déclare qu'il a souhaité se focaliser sur un seul personnage et une seule langue - à savoir l'espagnol, sa langue maternelle - il a aussitôt ajouté qu'il s'agissait d'une existence complexe, et c'est peu dire. Le personnage d'Uxbal est rongé par un cancer en phase terminale, travaille avec des immigrés asiatiques et africains coursés par la police barcelonaise, est hanté par son père qu'il tente de faire incinérer, élève seul ses enfants, mais est encore attiré par leur mère. Ce même homme-orchestre, aux portes de la mort, est sensible aux esprits, qui parfois s'invitent dans les coins d'une pièce. Inarritu s'est récemment séparé de Guillermo Arriaga, avec qui il a écrit ses précédentes intrigues très complexes et enchevêtrées. Mais son dernier film est loin d'être linéaire pour autant.

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À bien y penser, "Biutiful" semble un peu surchargé de thèmes lourds (la drogue, l'immigration, les liens familiaux, la mort, la rédemption, l'adultère, la sexualité), et donne l'impression de porter toute la misère du monde. Inarritu fait des images splendides. Mais les gros-plans sur des personnes à l'agonie pourraient être vue comme quasiment auto-parodique: le film n'a finalement pas grand-chose à dire sur la souffrance.

Heureusement, il y a Javier Bardem, auquel Inarritu a pensé en écrivant ce film. Quel autre acteur hispanophone aurait pu porter un rôle pareil? Loin de la douceur des personnages d'Almodovar ("Talon Aiguilles", 1991 et "En Chair et en os", 1997), si différent du don juan propret de Woody Allen ("Vicky Christina Barcelona", 2008) et aux antipodes du profil psychopathe dressé par les frères Coen dans "No Country for Old Men" qui lui a valu l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2007, Javier Bardem n'en finit pas de nous étonner. Le personnage est touchant en père dévoué, émeut en fils désemparé, intrigue en intermédiaire de l'ombre et séduit en amant tourmenté. Lundi soir, la montée des marches a déchaîné les foules.

Si "Biutiful" est moins saisissant qu'"Amours chiennes" (2000), moins étonnant que "21 Grammes" (2003), et moins sensationnel que "Babel" (2006), il n'en demeure pas moins marqué de l'empreinte du réalisateur. Musique qui hérisse le poil et émotion sur le fil du rasoir, le réalisateur de 47 ans sait toujours régaler ses fans.

 

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