MARCHÉS

Nouvelle chute des Bourses après les mesures d'Angela Merkel

Texte par : Dépêche
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5 mn

Dans le sillage des Bourses asiatiques, Paris, Londres et Francfort reculaient de plus de 2 % à la mi-journée. En cause : la décision prise hier par Berlin d'interdire temporairement certains produits financiers extrêmement spéculatifs.

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AFP - Les Bourses mondiales traversaient mercredi matin une nouvelle zone de turbulences, au diapason de l'affaiblissement persistant de l'euro, affolées par la décision soudaine de l'Allemagne d'interdire temporairement certains produits financiers extrêmement spéculatifs.

Après avoir ouvert en nette baisse les Bourses européennes, qui s'étaient redressées mardi, creusaient leur pertes à la mi-journée. Peu après 10H00 GMT, Paris reculait de 2,74%, Londres de 2,46%, Francfort de 2,73% .

Les places financières asiatiques n'ont pas été épargnées, Hong Kong cédant 1,83%, Shanghai -0,27% et Tokyo -0,54%.

Les Bourses américaines avaient été les premières à réagir mardi soir à l'annonce de l'Autorité allemande des marchés financiers (Bafin) d'interdire "à partir de minuit" certaines ventes à découvert portant notamment sur les emprunts d'Etats de la zone euro, et ce jusqu'au 31 mars 2011.

Ce type de transactions permet à des opérateurs de marchés boursiers, grâce à des mécanismes financiers sophistiqués, de vendre des titres qu'ils ne possèdent pas encore, avec l'espoir de les racheter à un moindre prix.

Outre les emprunts d'Etats de la zone euro, l'interdiction du régulateur allemand concerne les ventes à découvert sur certains types de CDS (Credit default swaps, c'est-à-dire une sorte d'assurance contre le risque de faillite d'un pays ou d'une entreprise), et sur les actions de 10 institutions financières (banques et assurances). Le marché des CDS a d'ailleurs fortement chuté en Europe, selon l'agence financière Dow Jones.

Plusieurs fois suspendues, ou limitées sur les grandes places financières mondiales, les ventes à découvert ont été à de nombreuses reprises montrées du doigt depuis le début de la crise financière.

A la suite de la décision surprise de l'Allemagne, la Commission européenne a prôné mercredi une coordination au niveau européen.

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"L'Euro est en danger, un défi existentiel"

"Il est important que les Etats membres agissent ensemble et que nous mettions en place rapidement un régime européen qui permette d'éviter les arbitrages réglementaires et la fragmentation, à l'intérieur de l'Union Européenne, mais aussi au niveau global", a souligné Michel Barnier, commissaire en charge du Marché intérieur et des Services financiers.

Il a souhaité que le sujet soit évoqué lors de la réunion des ministres des Finances européens prévue vendredi à Bruxelles.

Au même moment, Angela Merkel a appelé ses partenaires européens à prendre modèle sur l'Allemagne en adoptant "une nouvelle culture de stabilité", mettant en garde contre "les conséquences incalculables" pour l'Europe et au-delà de l'indiscipline budgétaire.

"L'euro est en danger", a déclaré la chancelière devant les députés du Bundestag alors qu'elle défendait le projet de loi sur la participation de l'Allemagne au vaste plan européen de plusieurs centaines de milliards d'euros de soutien à la zone euro. "Si l'euro échoue, l'Europe échoue", a-t-elle averti.

Malgré sa volonté de sauvegarder la monnaie européenne, l'annonce du régulateur allemand a affecté le marché des changes entraînant l'euro à un nouveau plus bas en quatre ans à 1,2144 dollar dans la nuit de mardi à mercredi. Vers 10H00 GMT, la devise se stabilisait à 1,2186 dollar.

"La décision allemande suggère que les dirigeants (allemands) sont très inquiets des menaces sur leurs banques en raison des engagements de celles-ci en Grèce", a commenté John Kyriakopoulos de la National Australia Bank à Sydney.

Selon des analystes de la Commerzbank interrogés à Londres, l'étendue et les détails du plan de sauvetage européen de 750 milliards d'euros, adopté il y a dix jours, ne sont toujours pas clairs, ce qui amène les marchés à en conclure "que c'est un acte désespéré et que la crise de la dette en Europe pourrait encore s'aggraver".

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