FESTIVAL DE CANNES

Le jury de Cannes dévoile son palmarès

4 mn

Retrouvez l'intégralité du palmarès du 63e Festival de Cannes, ainsi que la critique du film "Oncle Boonmee" du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, qui a reçu la Palme d'or.

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La Palme d'or est décernée à "Oncle Boonmee" du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul.

- Le Grand Prix récompense "Des Hommes et des Dieux" de Xavier Beauvois.

- Le Prix d'interprétation masculine est double: il revient à Javier Bardem, pour son rôle dans "Biutiful" de Alejandro González Inárritu, et aussi à l’Italien Elio Germano qui joue dans la "Nostra Vita" de Daniele Luchetti.

- Le Prix d'interprétation féminine est décerné à Juliette Binoche pour son rôle dans "Copie Conforme" d'Abbas Kiarostami.

- "Poetry" du Sud-Coréen Lee Chang-dong est récompensé du Prix du scénario.
 

- Le Prix de la mise en scène est décerné à Mathieu Amalric pour "Tournée".

- Le Prix du Jury revient au Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, pour "Un Homme qui crie".

 

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La critique du film "Oncle Boonmee" du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, par Jon Frosch, envoyé spécial à Cannes (le 21/05) :

 Un film étonnant a fait son entrée dans la compétition, vendredi : “Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures", du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Ce réalisateur est aussi bien connu pour son nom imprononçable que pour ses films énigmatiques et luxuriants. Son film en compétition porte un nom amusant, et, tout comme son précédent opus présenté à Cannes en 2004 ("Tropical Malady", prix du jury), il embarque le spectateur dans un monde débordant d’imagination et de drôleries.

Oncle Boonmee agrémente son propos sur l’amour, la perte et la spiritualité, d’une bonne dose de surnaturel façon David Lynch, confinant au film d’horreur et de science-fiction. La trame met en scène un vieil homme - oncle Boonmee,donc - qui souffre des reins et se met au vert. Quelques personnes de sa famille et un jeune Laotien prennent soin de lui. Boonmee reçoit la visite de sa femme décédée et de son fils, réincarné en gorille aux yeux rouges. Dans l’univers singulier du cinéaste Weerasethakul, ces apparitions se produisent sans tambour ni trompette, et se fondent très bien dans le paysage.

Durant le reste du film, tout ce petit monde se met en route vers une caverne, où Boonmee est né dans une vie antérieure, et où il aimerait passer ses derniers jours. En cours de chemin, le réalisateur fait une halte d’une beauté surprenante pour raconter l’histoire d’une princesse et d’un poisson aux pouvoirs extraordinaires.

C’est un film lent, étrange, aux interprétations multiples et ouvertes. Contrairement à Jean-Luc Godard et son indéchiffrable "Film Socialisme", Apichatpong Weerasethakul invite le spectateur dans son monde. Des fantômes surgissent d’un coin de l’écran, des silhouettes bizarres émergent de la forêt dense et sombre, et toutes sortes de créatures animales et humaines échangent avec nonchalance des propos sarcastiques.

Au final, le film vous jette un sort et ses images inoubliables s’agrippent à votre mémoire. Sûrement que le président du jury Tim Burton sera sensible à la poésie et à la mystique, à la fois menaçante et nourrissante, d’"Oncle Boonmee".

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