ÉTHIOPIE

Près de 32 millions d'Éthiopiens appelés à élire leurs députés

Les Éthiopiens ont été invités, ce dimanche, à se rendre aux urnes à l'occasion des élections législatives. Opposé à une coalition de huit formations d'opposition, le parti du Premier ministre sortant, Meles Zenawi, demeure le grand favori.

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AFP - Près de 32 millions d'électeurs Ethiopiens ont commencé à voter dimanche pour des législatives auxquelles le parti du Premier ministre Meles Zenawi, au pouvoir depuis 19 ans, est donné grand favori.

Les bureaux de vote ont ouvert dès 06H00 (03H00 GMT) dans Addis Abeba et en province, après une journée de préparatifs samedi par les agents électoraux, a constaté l'AFP.

"Tout se passe bien, le bureau a ouvert à 06H00, les gens viennent", a déclaré Degana Menkel, observateur du parti au pouvoir dans le bureau du secteur 20/21 du quartier de Bolé, à Addis Abeba.

Les électeurs sont fouillés avant d'entrer dans le bureau de vote, ils présentent ensuite leur carte, se font marquer le doigt à l'encre indélébile, puis se rendent dans l'isoloir.

"C'est très bien, aucun problème. Il y a beaucoup de monde qui vient", a jugé un autre observateur dans la capitale de la coalition de l'opposition, le Forum pour la démocratie et le dialogue (Medrek).

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Emmanuel Goujon, correspondant AFP à Addis Abeba

Les 43.000 bureaux de vote des 547 circonscriptions resteront ouverts jusqu'à 18H00 pour départager un total de 6.939 candidats issus de 63 partis politiques pour la Chambre des représentants et les conseils locaux.

Aucun bureau de vote n'a plus de 1.000 inscrits sur ses listes "pour faciliter le dépouillement et avoir le maximum de transparence", selon le Bureau national des élections (NEBE).

Dans l'Oromo (centre), théâtre de quelques violences politiques pendant la campagne, le vote se déroulait sans incident majeur, alors que de nombreux électeurs attendaient impatiemment de voter, a-t-on constaté.

Un candidat de l'opposition a cependant affirmé que des observateurs de son parti avaient été empêchés d'entrer pendant plus de deux heures dans 14 bureaux de vote à Ambo.

Le Front révolutionnaire et démocratique des peuples éthiopiens (EPRDF), avec à sa tête le Premier ministre Meles Zenawi, au pouvoir depuis 19 ans, est donné grand favori du scrutin.

Sous les applaudissements de ses partisans, M. Meles a voté dans la matinée dans sa circonscription et ville natale d'Adoua, située dans son fief du Tigré (nord-est).

Pour la première fois depuis la prise de pouvoir en 1991 de la guérilla qu'il dirigeait, provoquant la chute du dictateur Mengistu Hailé Maryam, M. Meles est confronté à une opposition naissante dans le Tigré.

Pour ces quatrièmes élections multipartites de l'histoire du pays, le Premier ministre s'est engagé à organiser "un scrutin, libre, juste et transparent".

Pendant la campagne qui s'est terminée jeudi soir, l'opposition et des défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé un climat général d'intimidation, et le verrouillage en amont de tout le processus.

En 2005, des violences avaient ensanglanté la proclamation des résultats du scrutin quand l'opposition --avec le meilleur score de son histoire-- et l'Union européenne (UE) avaient dénoncé des irrégularités dans le comptage des voix. La répression de manifestations s'était soldée par 200 morts, dont sept policiers, selon un rapport parlementaire.

Les principaux opposants avaient été condamnés à de lourdes peines de prison avant d'être graciés. La jeune dirigeante emblématique de l'opposition Birtukan Mideksa a été remise en prison fin 2008, pour avoir renié son pardon selon le gouvernement.

Le Premier ministre joue sur son bilan économique avec une croissance autour de 10%, une inflation maîtrisée, et des exportations en hausse.

Le pays, qui borde la Somalie et l'Erythrée, est aussi le point d'appui dans la région de la lutte contre l'islamisme radical, et bénéficie pour cela du soutien des Etats Unis et des pays occidentaux.

L'UE, l'Union africaine (UA) et la société civile éthiopienne ont déployé cette année des observateurs, mais qui sont soumis à un strict "code de conduite" imposé par les autorités.

 

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