FRANCE

Eugène Rwamucyo, le médecin rwandais accusé de génocide, a été interpellé

Texte par : Dépêche
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Vidéo par : Marc PERELMAN
3 mn

Recherché par le Rwanda qui a délivré un mandat d'arrêt international à son encontre, l'ex-médecin de l'hôpital de Maubeuge a été arrêté, ce mercredi, dans le Val-d'Oise. Kigali l'accuse d'être impliqué dans le génocide des Tutsis, en 1994.

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AFP - Le médecin rwandais Eugène Rwamucyo, visé par un mandat d'arrêt international émis par le Rwanda pour son implication présumée dans le génocide des Tutsis en 1994, a été interpellé mercredi à Sannois (Val d'Oise), a-t-on appris de source judiciaire.

Ancien médecin à Maubeuge (Nord), Eugène Rwamucyo, né en 1959, est notamment accusé par Kigali d'avoir participé à des réunions de responsables génocidaires à Butare (sud du Rwanda) en 1994, dont l'une sous l'égide du Premier ministre de l'époque, Jean Kambanda, condamné à la perpétuité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Il a été interpellé mercredi après-midi à la suite d'un mandat d'arrêt international émis par Kigali pour des infractions "en lien avec le génocide", selon une source judiciaire.

M. Rwamucyo est par ailleurs visé par une information judiciaire ouverte à Paris le 5 février 2008 pour génocide, crimes contre l'humanité et complicités après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

Placé en rétention au commissariat de Sannois, il doit être présenté jeudi au parquet général de Versailles, selon cette source, le procureur général devant se prononcer sur son placement éventuel sous écrou extraditionnel dans l'attente de sa comparution devant la chambre de l'instruction. La chambre de l'instruction sera chargée pour sa part d'émettre un avis sur la demande d'extradition.

Rwamucyo exerçait les fonctions de médecin à l'hôpital de Maubeuge (Nord), avant d'être suspendu puis licencié de l'établissement en avril. Le médecin réside en Belgique avec son épouse et ses enfants de nationalité belge.

Selon une source proche du dossier, il a été interpellé par les policiers alors qu'il venait d'assister à Sannois aux obsèques d'un autre Rwandais, Jean-Bosco Barayagwiza. M. Barayagwiza, co-fondateur de la Radio télévision libre des Mille-Collines, avait été condamné par le Tribunal pénal internationale pour le Rwanda (TPIR). Il est mort le 25 avril au Bénin.

Environ 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués, selon l'Onu, entre avril et juillet 1994 au cours du génocide rwandais.

Cette interpellation intervient à quelques jours de l'ouverture à Nice le 31 mai du 25e sommet Afrique-France où sont attendus des responsables politiques et économiques africains et français, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de la Commission de l'Union Africaine et le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-Moon.

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