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BP appelle les sinistrés de la marée noire à faire preuve de patience

À l'occasion de la visite de Barack Obama en Louisiane, le patron de la compagnie pétrolière a indiqué, hier, qu'il faudrait 48 heures supplémentaires à BP pour juger du succès de l'opération de colmatage de la fuite à l'origine de la marée noire.

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REUTERS - Le pétrolier BP a annoncé vendredi qu'il lui faudrait jusqu'à 48 heures de plus pour évaluer la réussite de sa manoeuvre de colmatage du puits de pétrole endommagé dans le Golfe du Mexique.

Le président américain Barack Obama, qui se rendait pour la deuxième fois en Louisiane depuis le début de la marée noire, la plus grande dans l'histoire des Etats-Unis, a souligné qu'il n'existait pas de solution miracle face à ce désastre.

Obama est allé le long des côtes, où le pétrole a souillé des kilomètres de zones marécageuses et fermé la majeure partie de l'industrie des pêches.

Il a annoncé qu'il assumait la responsabilité finale de la catastrophe, au-delà de la responsabilité financière qui incombe à BP.

Le directeur général de BP, Tony Hayward, était également sur les lieux. Son groupe a entrepris de colmater la fuite, qui dure depuis cinq semaines, en injectant des boues de forage au niveau du puits, à 1.600 mètres de profondeur.

Hayward a affirmé que la procédure, dite de "top kill", progressait mais qu'elle ne pouvait pas encore être qualifiée de réussite.

"Nous l'avons mise à terre, mais nous ne l'avons pas encore achevée", a-t-il dit à Reuters au sujet de la fuite, de l'hélicoptère à bord duquel il survolait la zone où se dressait la plate-forme Deepwater Horizon, qui a explosé le 20 avril, déclenchant la pollution.

Au début de l'opération en cours, mercredi, BP s'était donné 48 heures pour évaluer son succès. Hayward a prolongé vendredi ce délai de 48 heures supplémentaires, et ajouté que les chances de réussite étaient toujours estimées entre 60% et 70%.

Le groupe, à qui la catastrophe a déjà coûté 930 millions de dollars, a vu son action perdre 5% vendredi. La valeur boursière de l'entreprise a perdu 25% depuis le début de la crise, soit environ 50 milliards de dollars.

Hayward a indiqué que les ouvriers à l'oeuvre sur le site avaient également injecté des débris dans le puits pour le boucher, notamment des morceaux de caoutchouc et des balles de golfe.

L'injection de nouvelles "boues lourdes", en réalité des fluides de forage visqueux, doit se poursuivre vendredi. L'opération n'a pour l'instant pas totalement arrêté la fuite de pétrole, mais l'a par moments ralentie.

En cas d'échec, BP prévoit de réessayer la méthode de confinement par cloche pour pomper le pétrole à bord d'un navire de surface. La pose d'un nouvel obturateur pour remplacer celui qui a été endommagé est également envisagée.

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