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SOMMET AFRIQUE-FRANCE

À Nice, Nicolas Sarkozy prône des relations "décomplexées" avec l'Afrique

Dans son discours d'ouverture du 25e sommet Afrique-France qui se déroule aujourd'hui et demain à Nice, le président français s'est employé à justifier la tenue de cette grand-messe controversée créée en 1973.

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, envoyé spécial à Nice

Il semble loin le temps où Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, expliquait devant des journalistes maliens réunis à Bamako que “la France, économiquement, n’a pas besoin de l’Afrique”.

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2010-05-31 08:17-WB FR FOCUS

Lundi, lors de son discours d’ouverture du 25e sommet Afrique-France qui se tient à Nice, le locataire de l’Élysée s’est employé, devant la quarantaine de dirigeants du continent noir rassemblés pour l’occasion, à justifier la tenue de cette traditionnelle grand-messe que, de l’aveu même du président français, beaucoup voient au mieux comme “la perpétuation d’un rite désuet”, au pire comme “l’expression d’un néo-colonalisme”. Et dont Nicolas Sarkozy lui-même avait remis en cause le bien-fondé au lendemain de son arrivée au pouvoir, en annulant celui initialement prévu en 2009...

“Nous avons des choses à nous dire, des choses à faire ensemble. Nos destins sont indissolublement liés”, a lancé Nicolas Sarkozy à la tribune du Palais des Congrès-Nice-Acropolis. Après avoir rappelé que l’Hexagone et l’Europe avaient un intérêt majeur à la réussite de l’Afrique, le président français a prôné des “relations décomplexées entre amis, sans fâcherie, sans gêne”. Sans fâcherie ? À voir.

Débat "houleux"

Dimanche, à l’occasion d’une réunion préparatoire au sommet, les ministres africains et français des Affaires étrangères ont engagé un débat qualifié de “houleux” par le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. Au cœur des discussions : la place du continent africain dans la gouvernance mondiale. Un dossier auquel la France entend prendre part. “L’Afrique doit occuper toute la place qui lui revient, a plaidé le président français lors de son discours d’ouverture. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit être réformé. Il est absolument anormal que l’Afrique ne compte aucun État qui en soit membre permanent.” Les délégations présentes dans la salle ont beau applaudir l’intervention, des divergences existent.

L'Afrique, qui représente 27 % des États membres des Nations unies, ne dispose que de trois sièges de membres non permanents au Conseil de sécurité. Depuis 2005, ses dirigeants et l’Union africaine (UA) réclament deux sièges permanents avec droit de veto et au moins deux sièges non permanents supplémentaires. "On ne peut pas gérer les affaires du monde sans l’Afrique, je suis persuadé que tout le monde comprend" pourquoi, renchérissait ce lundi matin le président congolais Denis Sassou N’Guesso au micro de Radio France internationale (RFI), expliquant que, sur le sujet, son pays s’alignait sur la position défendue par l’UA. Une telle évolution est trop rapide, estime Paris de son côté, pour qui l’élargissement doit être progressif.

Outre la place du continent dans les cercles de décision, les chefs d’État et de gouvernement sont invités à plancher sur la paix et la sécurité en Afrique, ainsi que sur les enjeux environnementaux. "Sans fâcherie et sans gêne", bien évidemment...

Nouveauté de ce sommet, en marge des réunions et débats organisés durant ces deux jours, 250 chefs d’entreprises, dont 150 venus d’Afrique, ont également pour mission de se pencher sur le rôle du secteur privé dans le développement du continent noir. Une première dans l’histoire de cette traditionnelle grand-messe habituellement consacrée aux questions politiques.
 

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