PAKISTAN

Attaque contre un hôpital de Lahore

Texte par : Dépêche
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Vidéo par : Pauline GODART
4 mn

Trois jours après les attaques contre deux mosquées de la secte des ahmadis à Lahore, où 80 personnes ont péri, des hommes ont ouvert le feu sur l'hôpital où sont soignés les blessés de ces attaques, tuant au moins quatre personnes.

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AFP - Des assaillants ont attaqué lundi soir à Lahore (est du Pakistan) un hôpital où sont soignées des victimes des attaques de vendredi contre deux mosquées d'une secte musulmane minoritaire, tuant au moins quatre personnes dont trois policiers, selon la police.

Les hommes armés sont arrivés et ont tiré sur l'entrée de l'hôpital Jinnah, a raconté à la presse l'un des médecins de l'établissement, le docteur Javed Akram. "Ils ont ouvert le feu à l'aveuglette devant la salle des urgences et l'unité de soins intensifs", a-t-il ajouté.

Au moins quatre personnes --trois policiers et une femme-- ont été tuées dans l'assaut, selon la police qui a revu à la baisse le bilan de 12 morts donné auparavant par le docteur Akram.

Les assaillants, inconnus et déguisés en policiers, se sont rapidement enfuis après l'arrivée de la police, parvenue sur les lieux peu après le début de la fusillade, selon plusieurs officiers. "L'opération est terminée", a ensuite déclaré un responsable policier local, Shafiq Gujar.

Selon le docteur Akram, au moins 30 ahmadis blessés dans les attaques de vendredi avaient été admis dans l'hôpital, tout comme l'un des auteurs présumés de ces attaques, soigné dans une chambre à part. "Il semble que les assaillants voulaient tuer ou libérer" ce dernier, a déclaré Shafiq Gujar.

Au moins 80 personnes avaient été tuées vendredi à Lahore dans les attaques simultanées par des kamikazes lourdement armés contre deux mosquées de la secte musulmane minoritaire des ahmadis. Les assaillants, équipés de vestes remplies d'explosifs, avaient ouvert le feu sur les fidèles au fusil d'assaut et lancé des grenades dans les deux lieux de culte en pleine prière du vendredi.

Après plusieurs heures de combat, la police avait annoncé avoir pris le contrôle des deux mosquées et capturé au moins deux assaillants sur trois. Le troisième avait fait exploser sa veste suicide.

Lahore, deuxième ville pakistanaise et l'un des hauts lieux culturels du pays, compte plus de huit millions d'habitants. Elle a été l'un des principaux théâtres des attaques et attentats qui ont secoué le pays ces derniers mois.

Plusieurs des attaques perpétrées à Lahore ont été revendiquées par le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), principal groupe d'insurgés islamistes du pays, qui a fait allégeance à Al-Qaïda et dont les bastions sont situés dans les zones tribales du nord-ouest, frontalières de l'Afghanistan.

Le Pakistan connaît depuis bientôt trois ans une vague d'attentats --près de 400, suicide pour la plupart-- et d'attaques de commandos perpétrés pour l'essentiel par le TTP, qui a fait près de 3.400 morts dans tout le pays.

Certaines de ces attaques visent des communautés minoritaires de l'islam au Pakistan, les chiites essentiellement, mais aussi les ahmadis, aussi appelés qadianis, notamment à Lahore, berceau de cette obédience qui prône un islam moderniste et libéral et oeuvre dans l'aide aux défavorisés.

Cette secte a été longtemps persécutée au Pakistan, selon des organisations de défense des droits de l'Homme. Les sunnites et les chiites considèrent les ahmadis comme des hérétiques.

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