CRISE ÉCONOMIQUE

Le nouveau Premier ministre japonais redoute un syndrome grec

Le nouveau chef de gouvernement nippon, Naoto Kan, craint que son pays, à l'image de la Grèce en Europe, ne soit plus en capacité d'honorer sa dette s'il ne parvenait pas à maîtriser sa vertigineuse dette publique.

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AFP - Le Premier ministre japonais, Naoto Kan, a prévenu vendredi que la colossale dette publique du Japon pouvait créer à terme un "risque d'effondrement" financier, jugeant "inévitable" d'engager une vaste réforme fiscale pour la juguler.

"Nos finances publiques sont les pires des pays développés. Il est difficile de continuer à mener des politiques budgétaires qui dépendent largement de l'émission de bons du Trésor", a rappelé M. Kan lors de son discours de politique générale devant le Parlement.

Selon lui, si le pays continue "d'émettre de nouvelles obligations au niveau actuel, la dette dépassera 200% du produit intérieur brut d'ici à quelques années".

"A l'image des problèmes en zone euro provoqués par la Grèce, il y a un risque d'effondrement si nous ne faisons rien contre l'augmentation des dettes publiques et perdons en conséquence la confiance des marchés d'obligations", a souligné le nouveau chef du gouvernement de centre-gauche, intronisé il y a tout juste une semaine.

Prévenant qu'il était "difficile de résoudre ce problème en un jour", il a jugé "inévitable de lancer maintenant une réforme fondamentale de notre système fiscal".

Il a invité les mouvements d'opposition à participer à un "débat national, au-delà des barrières partisanes", sur ce sujet.

Le budget du Japon est largement déficitaire en raison de recettes d'impôts très inférieures aux dépenses de l'Etat. La différence est couverte par des émissions de bons du trésor qui font enfler la dette d'année en année.

Lors de l'exercice budgétaire d'avril 2009 à mars 2010, le gouvernement a même émis davantage d'obligations d'Etat qu'il n'a perçu de rentrées fiscales, pour la première fois depuis 1946.

Pour M. Kan, une réduction des dépenses superflues de l'Etat est aussi indispensable, de même qu'une stratégie de croissance économique solide, afin d'augmenter le volume des recettes d'impôts et d'assainir les finances publiques.

Le ministre des Finances, Yoshihiko Noda, doit définir d'ici à la fin juin des stratégies budgétaires pour les trois années à venir et d'ici à 2020.

Selon les grandes lignes de ces projets, en partie divulgués par le quotidien économique Nikkei, M. Noda aurait pour objectif de diviser par deux d'ici à 2015 le déficit budgétaire de l'Etat hors charges des intérêts de la dette, et de le réduire à zéro d'ici 2020.

La presse et les milieux d'affaires nippons appellent le gouvernement à augmenter la taxe sur la consommation, aujourd'hui fixée à 5%, pour générer de nouvelles recettes.

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