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Un an après la "vague verte", l'opposition en perte de vitesse

Un an jour pour jour après la réélection contestée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, la censure et les violences gouvernementales semblent être pratiquement venues à bout du mouvement d'opposition.

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AFP - L'opposition en Iran a renouvelé son appel à plus de liberté et de démocratie à l'occasion du premier anniversaire samedi de la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, mais a renoncé à manifester pour éviter de déclencher une nouvelle vague de répression.

Le régime "devrait aller vers une presse libre, des élections libres et le respect des droits du peuple, mais c'est le contraire qui se passe", a déploré l'ancien président du Parlement Mehdi Karoubi, devenu l'une des principales figures de l'opposition réformatrice depuis le scrutin du 12 juin 2009.

Le régime "fait taire le peuple, ferme les medias, organise des élections comme celle que nous avons vue l'an passé, et remplit les prisons", a renchéri l'ancien Premier

Shirin Ebadi, avocate iranienne, prix Nobel de la paix 2003

ministre Mir Hossein Moussavi, lors d'un point de presse commun diffusé vendredi soir par plusieurs sites d'opposition.

La réélection de M. Ahmadinejad, entachée de fraudes massives selon l'opposition, a entraîné plusieurs mois de manifestations à Téhéran et dans d'autres grandes villes d'Iran, auxquelles le gouvernement a mis fin au prix d'une répression sévère: plusieurs dizaines de morts, des milliers d'arrestations, des centaines de condamnations dont plusieurs à mort.

"La libération sans conditions des prisonniers politiques, la liberté de la presse, des élections libres sont les revendications minimales" du "mouvement vert" rassemblant l'opposition réformatrice, a rappelé Zahra Rahnavard, épouse de M. Moussavi, sur le site internet de l'ancien Premier ministre, Kaleme.com.

L'opposition a toutefois renoncé à organiser des manifestations samedi pour soutenir ses revendications, faute d'en avoir reçu l'autorisation et pour éviter une nouvelle vague de répression.

"Au vu de la répression qui a frappé l'année passée des gens dont le seul crime était de réclamer leur vote de manière pacifique, et compte tenu des informations sur la mobilisation des extrémistes et des forces répressives, (...) nous demandons à la population de poursuivre ses revendications par d'autres méthodes moins coûteuses et plus efficaces", a-t-elle expliqué dans un communiqué jeudi.

"Aucune tentative de troubler l'ordre public ne sera tolérée par les forces de l'ordre", a pour sa part rappelé vendredi le gouverneur de Téhéran Morteza Tamaddon.

Aucun signe de tension particulier n'était perceptible samedi dans le centre de Téhéran, où les forces de l'ordre étaient visibles sur certaines places et avenues mais n'avaient pas été massivement déployées comme en d'autres occasions, a constaté l'AFP.

Les seules manifestations d'opposition ont été vendredi soir, pour la première fois en plusieurs mois, la multiplication de cris "Allah Akbar (Dieu est grand) depuis les toits et balcons de plusieurs quartiers de la capitale.

La décision de l'opposition de ne pas manifester a été "regrettée" par la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

MM. Karoubi et Moussavi ont rappelé vendredi qu'ils ne remettaient pas en cause les fondements du régime islamique mais déploraient plutôt une "dérive" du pouvoir par rapport à la Constitution et aux idéaux de la révolution.

"Je suis un partisan ferme de la République islamique", a rappelé M. Karoubi, affirmant que "si la Constitution était appliquée beaucoup de problèmes seraient réglés".

Les deux leaders ont toutefois averti le pouvoir que la répression ne réglait aucun problème.

"C'est se tromper et faire preuve de simplisme que de croire qu'avec les menaces, les humiliations, le mensonge et les armes vous pouvez réprimer le mouvement de protestation des gens", ont-ils affirmé en même temps qu'ils annonçaient l'annulation de toute manifestation.

 

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