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FINANCE

L'agence Moody's abaisse la note grecque, Athènes proteste

Texte par : Dépêche
3 min

L'agence de notation Moody's a abaissé la note de la dette souveraine de la Grèce en catégorie spéculative. Irrité, le gouvernement grec s'est insurgé contre cette décision qu'il juge sans fondement.

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AFP - L'agence de notation Moody's a abaissé lundi la note de la Grèce de quatre crans, de "A3" à "Ba1", la reléguant à son tour dans la catégorie spéculative pour un risque de non-remboursement de sa dette publique, mais Athènes a jugé cette sanction sans fondement.

La note Ba1 reflète "les risques liés au plan de sauvetage mis en place par les pays de la zone euro et le Fonds monétaire international" (FMI), a expliqué Moody's dans un communiqué.

Il y a une "incertitude considérable sur le calendrier et l'impact" de la cure d'austérité à laquelle le pays s'est résolu début mai pour décrocher le feu vert à des prêts de la zone euro et du FMI d'un montant de 110 milliards d'euros sur trois ans, a estimé Sarah Carlson, analyste chez Moody's.

Le ministère grec des Finances a rapidement réagi, jugeant dans un communiqué que "cette dégradation ne reflète ni le progrès enregistré ces derniers mois, ni les perspectives ouvertes par l'assainissement budgétaire et l'amélioration de la compétitivité du pays".

"Les éléments d'exécution du budget montrent avec une grande clarté que le programme (de redressement) convenu avec l'UE et le FMI est appliqué normalement", ajoute le ministère.

Le ministère grec des Finances en veut pour preuve la réduction de 38,8% du déficit budgétaire pour les cinq premiers mois, par rapport à la même période de 2009, une "amélioration importante reconnue par la Commission, la Banque centrale européenne et le FMI".

"La récession au premier trimestre est inférieure à celle prévue pour l'année", de -4%, par le plan élaboré avec l'UE et le FMI, ajoute le communiqué, protestant de "l'engagement total" du gouvernement à mener à bien le redressement budgétaire et la remise sur les rails de l'économie.

C'est en se targuant de ces avancées que la Grèce a accueilli avec optimisme une mission UE-FMI arrivée lundi à Athènes pour éplucher ses comptes et vérifier la mise en oeuvre du plan de redressement.

La Grèce, qui s'est engagée à ramener son déficit public à 8,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2010 contre près de 14% en 2009, a déjà reçu 20 milliards d'euros en mai et compte sur deux autres versements, de 9 milliards chacun, en septembre et décembre.

Moody's avait prévenu le 10 mai qu'elle pourrait reléguer la note de la Grèce en catégorie spéculative en fonction "des développements au sein de l'économie grecque, une fois dissipé le brouillard né de la panique financière, des mesures de soutien et des mouvements de protestation".

La note du pays a déjà été abaissée par les deux autres agences de notation, à BB+ par Standard and Poor's, qui la range également dans la catégorie des investissements spéculatifs, et à BBB- par Fitch.

La note Ba1, assortie d'une perspective stable, reflète un "plus grand, quoique faible, risque de défaut" de la Grèce, dont la dette plane à quelque 300 milliards d'euros, selon l'agence de notation.

Le plan d'aide élimine toutefois les risques d'un défaut à court terme et "encourage la mise en place de mesures crédibles, réalisables, qui ont de fortes chances de stabiliser les intérêts de la dette à un niveau supportable", a souligné Sarah Carlson.

Les trois crans Ba1, Ba2 et Ba3 correspondent aux BB+, BB et BB- des autres agences majeures Standard and Poor's et Fitch.

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