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Des milliers de Kirghizes réfugiés en Ouzbékistan prennent le chemin du retour

Des milliers d'habitants du sud-est du Kirghizstan, qui avaient fui les violences interethniques de la mi-juin, commencent à rentrer chez eux. Selon les autorités, au moins 75 000 Kirghizes s'étaient réfugiés dans l'Ouzbékistan voisin.

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AFP - Des dizaines de milliers de personnes réfugiées en Ouzbékistan suite aux violences ayant secoué le Kirghizstan ces dernières semaines ont pris le chemin du retour malgré une situation toujours précaire et des difficultés d'acheminement de l'aide qui leur est destinée.

Plus de 10.000 personnes ont franchi les différents points de contrôle entre les deux pays au cours des seules dernières 24 heures, a déclaré mercredi à la presse le directeur adjoint du service kirghiz de surveillance des frontières, Tcholponbek Tourousbekov.

"Le chiffre total des citoyens kirghiz revenus a atteint 46.124 personnes", a-t-il ajouté.

Selon ses services, 75.000 personnes avaient fui vers l'Ouzbékistan après les violences interethniques qui ont ravagé le sud du Kirghizstan à la mi-juin. Des agences d'aide internationale avaient estimé le chiffre à plus de 100.000.

"La situation à la frontière au matin du 23 juin était stable et calme, aucun incident n'a été signalé, notamment à la frontière kirghizo-ouzbèke", a encore indiqué M. Tourousbekov.

Au total, quelque 400.000 personnes ont fui le sud du Kirghizstan à la mi-juin. Selon les derniers chiffres officiels, les affrontements ont fait 251 morts, mais la présidente kirghize par intérim Rosa Otounbaïeva a reconnu il y a quelques jours que le bilan réel pourrait être près de dix fois supérieur.

Une journaliste de l'AFP a aperçu mercredi de très nombreux réfugiés, essentiellement des femmes, des enfants et adolescents, tout juste arrivés d'Ouzbékistan, dans le village kirghiz de Sourot-Tach, près de la frontière ouzbèke.

Plus de 4.000 personnes ont franchi ce poste-frontière mercredi, ont indiqué les autorités locales, qui s'attendent à ce que ce chiffre grimpe dans la journée.

Minoura, une résidente d'Och âgée de 43 ans, a pour sa part franchi la frontière au niveau du village kirghiz de VLKSM (acronyme de son ancienne appellation soviétique), accompagnée de deux de ses cinq enfants.

"Nous sommes nés et nous avons grandi ici. C'est ici qu'ont vécu nos ancêtres. C'est pour cela que nous voulons vivre au Kirghizstan, et nous l'avons fui parce que nous avions peur pour notre sécurité", a-t-elle dit.

"Des membres de notre famille nous ont dit que la situation à Och n'était pas si dangereuse et que beaucoup de gens étaient déjà rentrés", a ajouté la femme.

Mais l'ONU a déploré mardi que la persistance de tensions interethniques entrave la distribution de l'aide internationale. Des incidents avaient fait deux morts lundi près de Och.

"La situation reste toujours tendue au Kirghizstan, la sécurité n'est toujours pas totale et notamment à Och, où il y a encore des barricades", a expliqué la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, Elisabeth Byrs.

Selon elle, plus de 30 avions humanitaires sont arrivés au Kirghizstan et en Ouzbékistan depuis le début des violences qui ont éclaté dans la nuit du 10 au 11 juin à Och avant de se répandre dans la région voisine de Djalal-Abad.

Historiquement, les relations entre les communautés kirghize et ouzbèke sont tendues, notamment en raison de disparités économiques.

En outre, nombre d'observateurs craignent que le référendum prévu dimanche dans le pays sur une révision de la Constitution ne sème de nouvelles tensions.

Les autorités intérimaires, arrivées au pouvoir en avril suite à un soulèvement populaire, espèrent au contraire que ce vote stabilisera enfin ce petit pays miné par la pauvreté et les crises politiques à répétition.

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