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FRANCE

L'avocat de Jérôme Kerviel plaide pour la relaxe de son client

Texte par : Dépêche
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Vidéo par : Jonathan WALSH
4 min

Le procès se termine avec la plaidoirie de l'avocat de Jérôme Kerviel, Olivier Metzner qui entend demander la relaxe de son client au motif que la banque ne pouvait ignorer ses agissements.

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AFP - L'avocat de Jérôme Kerviel, Me Olivier Metzner, va devoir user de tout son talent pour tenter de convaincre ce vendredi le tribunal d'épargner la prison à l'ancien trader de la Société Générale, au lendemain d'un réquisitoire très sévère du parquet.

Après la plaidoirie de la défense, le tribunal mettra sa décision en délibéré.

L'accusation a demandé jeudi cinq ans de prison dont quatre ferme contre Jérôme Kerviel, à l'issue d'un réquisitoire accablant pour ce "manipulateur, tricheur et menteur" qui, selon le parquet, a "causé un traumatisme planétaire".

"C'est Jérôme Kerviel que vous jugerez, et non la Société Générale comme le souhaiterait la défense", a déclaré à la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris Jean-Michel Aldebert, chef de la section financière du parquet de Paris. "Il s'agit d'arrêter le discrédit sur les banques (...), il en va de l'ordre public, économique et financier", a-t-il lancé.

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Jérôme Kerviel, 33 ans, est jugé depuis le 8 juin pour avoir pris sur les marchés financiers des positions spéculatives de dizaines de milliards d'euros, dissimulées à l'aide d'opérations fictives et fausses écritures, et causé au final une perte historique de 4,9 milliards en janvier 2008.

Il encourait au maximum cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende, pour "abus de confiance", "faux et usage de faux", et "introduction frauduleuse de données" dans un système automatisé.

Durant leur réquisitoire, M. Albebert et Philippe Bourion, autre représentant du parquet au procès, ont démontré, selon eux, que les trois infractions étaient clairement constituées.

Sévères dans la peine de prison demandée, ils n'ont pas requis d'amende, ayant sans doute pris en compte la somme record de 4,9 milliards de dommages et intérêts réclamés la veille par la Société Générale, partie civile.

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A l'annonce de leurs réquisitions, Jérôme Kerviel, assis à sa place habituelle, costume sombre, chemise rose jeudi, sans cravate cette fois, semblant fatigué, n'a pas eu de réaction particulière. "On ne s'attendait pas à un cadeau du parquet, nous n'avions pas la prétention de convaincre l'accusation", a ensuite déclaré son avocat, Me Olivier Metzner.

Pour l'accusation, Jérôme Kerviel n'est rien moins qu'un "professionnel de la fraude", "surentraîné", "cynique", ayant mis au point un "système organisé, méthodique, continu" destiné à "trahir la confiance" de la banque et de ses salariés.

Tout au long du procès, l'ex-trader n'a pas dévié de sa ligne de défense: certes, il a dépassé les bornes, enregistré des opérations fictives et produit des faux, mais sa hiérarchie était au courant et le laissait faire tant qu'il gagnait de l'argent. Il affirme aussi qu'il était animé par le seul désir de "faire gagner de l'argent" à la banque, et refuse d'assumer la responsabilité de la perte.

Ses arguments ont été taillés en pièce par l'accusation.

Premier à prendre la parole jeudi, Philippe Bourion a planté le décor d'"une affaire unique, voire historique".

Une "étrange affaire en effet" dans laquelle "on arrondit les chiffres au milliard près", a-t-il dit, avant d'exposer "l'extravagance" de la position de la défense, consistant à dire: "on ne m'a pas arrêté dans mon action donc je ne suis pas coupable". Evoquant le "talent exceptionnel de comédien" de Jérôme Kerviel, rappelant qu'il aurait pu "détruire la banque", M. Bourion s'est aussi interrogé sur ses motivations.

"Pourquoi a-t-il commis les faits ?", a-t-il demandé. "Un espoir de bonus? ... pour devenir une star?... insatisfaction permanente, variante financière du bovarysme ?... besoin de sensations fortes?..." "Ce sera la seule obscurité que le parquet ne pourra pas lever", a-t-il estimé.

Après la plaidoirie de la défense, le tribunal mettra vendredi sa décision en délibéré.

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