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Kim Jong-un, le mystérieux dauphin rouge nord-coréen

Pour la première fois en trente ans, les membres du Parti communiste nord-coréen se réuniront en septembre pour préparer la succession de Kim Jong-il. Son plus jeune fils, Jong-un, un illustre inconnu caché aux yeux du monde, serait l’heureux élu.

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L’opinion coréenne elle-même ne le connaît pas. Kim Jong-un, le troisième fils du "Dirigeant bien-aimé", semble être un personnage fictif. Il n’existe aucune photographie officielle de lui adulte, aucun document, aucun écrit. On ignore jusqu’à son âge exact. Selon le Time, les fiches des services sud-coréens décriraient un homme de taille moyenne: 1m75 pour 90 kilos. C’est tout.

Pourtant, l’agence de presse sud-coréenne Yonhap avance que le mystérieux dauphin rouge serait destiné à diriger l’une des dernières forteresses communistes du monde, un état qui entretient des rapports à couteaux tirés avec la communauté internationale depuis le torpillage d’une corvette sud-coréenne.

Le préféré de Kim Jong-il

Retracer le parcours de Kim junior relève du chemin de croix et l’historien et spécialiste de la Corée du Nord, Pierre Rigoulot, confirme ce flou qui entoure sa jeunesse. "Il serait né en 1984 ou 1983, il aurait donc approximativement 26 ou 27 ans", confirme-t-il. Sa mère, Ko Young-hee, une danseuse, aurait été le grand amour de Kim Jong-il. Fut-elle sa maîtresse ou sa femme officielle, les avis divergent. La propagande officielle la présente comme une "mère de la patrie", une manière de préparer la légitimité du futur dirigeant.

La relation entre Jong-un et son père serait privilégiée à en croire le Figaro. Le "cher dirigeant" serait fou de son rejeton. Un népotisme qui serait, à l’origine, le fruit d’une ressemblance frappante entre le père et le fils.

Un pseudonyme : Pak Chol

Kim Jong-un aurait suivi ses études en Suisse. Il parlerait l’anglais, l’allemand et le français et se serait passionné pour le basket-ball. Selon le magazine suisse, l’Hebdo, il aurait été inscrit sous le nom de Pak Chol à l’International School of Berne (ISB), et était présenté comme le fils du chauffeur de l’ambassadeur de la Corée du Nord. "Il intervenait souvent pour séparer deux copains qui se battaient. Il avait beaucoup d’amis parmi les enfants de diplomates américains", se rappelle David Gatley, ancien directeur de l’établissement, lors de l'interview.

L’ancien chef cuisiner de Kim Jong-il, Kenji Fujimoto, a aussi sa petite idée sur le personnage. Dans son livre consacré à ses dix ans passés auprès du "Cher leader" ["I was Kim Jong-il's Cook", de Kenji Fujimoto], il décrit un adolescent taillé pour le pouvoir: "il a été gâté physiquement par la nature, c’est un gros buveur et il n’admet jamais la défaite". Il dresse cependant un portrait peu flatteur des deux autres frères. Kim Jong-chol, né en 1981, serait considéré comme trop efféminé par son père et l’aîné, Kim Jong-nam, né en 1971, trop immature et trop fêtard pour prendre le relais. Ce dernier aurait même suscité le courroux de Jong-un qui, d’après une enquête de Libération, aurait tenté de l’éliminer en 2009 après une énième frasque.

Une voiture de luxe pour les membres du Parti

Le jeune dauphin serait ainsi le plus à même pour prendre la relève. A en croire la presse sud-coréenne il aurait déjà commencé une entreprise de séduction auprès des hautes instances dirigeantes du Parti, en offrant à chacun des membres... une voiture de luxe.

Mais le passage de relais n’est pas encore acquis. "Dans un pays où le respect des anciens est très fort, sa jeunesse n’est pas un atout", analyse Pierre Rigoulot, "il devra patienter avant d’asseoir son autorité".

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