Focus

La chasse aux sorcières ?

La bataille de Bangkok n’est peut-être pas terminée. Entre mars et mai, les "chemises rouges" avaient occupé le centre économique de la ville dans l'espoir d'obtenir la démission du gouvernement thaïlandais. Mais la répression des opposants s’est-elle achevée avec leur départ de la capitale?

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La "Thaïlande rouge" mise au pas par l'armée

Plusieurs semaines après la Bataille de Bangkok et l'écrasement par l'armée du mouvement anti-gouvernemental des "Chemises rouges" à Bangkok - la plus grave crise que le pays ait traversée depuis plusieurs décennies - un semblant de retour à la normale est observé dans la capitale. Et le gouvernement n'a de cesse de communiquer sur le thème de la réconciliation nationale et de l'unité.

Pour autant, le CRES, un organisme militaro-civil créé pour gérer la crise et mener le pays pendant l'Etat d'urgence n'est toujours pas dissout et semble fonctionner comme un "gouvernement parallèle". Son objectif : écraser toute forme de contestation et, surtout, empêcher que le mouvement des Chemises rouges ne puisse renaître de ses cendres alors que la colère semble toujours vive dans les bastions traditionnels des campagnes pauvres.

Et le CRES met au pas une partie du pays : opposants, médias... les militaires font le ménage. Plus de 400 personnes ont été arrêtées mais la rumeur évoque plusieurs dizaines de "disparitions" et une "liste noire" sur laquelle sont inscrits des centaines de noms, circulerait dans les rangs des gradés thaïlandais. Résultat : un climat de peur règne sur un pays qui fût jadis l'un des modèles démocratiques régionaux.

50 000 sites internet ont été fermés, la plupart des radios communautaires interdites, des journalistes "invités" dans des camps militaires pour « s’expliquer », tandis que des activistes ont été convoqués et détenus en vertu des dispositions de l'Etat d'urgence qui autorisent un emprisonnement de 30 jours sans procès. Par ailleurs tout rassemblement de plus de cinq personnes est toujours proscrit. La Thaïlande est en quarantaine politique.

 

Invité du Focus :

  • Cyril Payen, correspondant de France 24 en Thaïlande, en direct de Bangkok (Thaïlande)

Émission préparée par Patrick Lovett, Kate Williams et Marie Billon

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