SPECTACLE

Laurent Terzieff, grand homme du théâtre français, s'est éteint

Comédien pour Godard ou Clouzot, metteur en scène de Paul Claudel ou de Luigi Pirandello, Laurent Terzieff est décédé vendredi soir à l'âge de 75 ans.

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Reuters - L’acteur et metteur en scène Laurent Terzieff, figure majeure et grande voix du théâtre français, est décédé vendredi soir à Paris à l’âge de 75 ans.

Selon son agent, cité samedi par les médias français, l’artiste a succombé dans un hôpital parisien à des complications pulmonaires après avoir été souffrant pendant plusieurs semaines.

Homme de cinéma, de télévision mais surtout de théâtre, il avait été doublement récompensé en avril dernier lors de la 24e cérémonie des Molière pour « Philoctète », de Jean-Pierre Siméon d’après Sophocle, et « L’Habilleur », de Ronald Harwood.

Fils d’une plasticienne et d’un sculpteur russe, Laurent Didier Alex Terziev était né à Toulouse le 27 juin 1935.

Acteur au visage émacié, à la voix grave et au jeu saisissant, il avait été révélé par Marcel Carné, qui lui avait donné l’un des rôles principaux dans « Les Tricheurs » à la fin des années 1950.

Autodidacte, il avait tourné au cinéma avec Jean-Luc Godard, Luis Buñuel », Claude Autant-Lara et Claude Berri, dans « Germinal ».

Au théâtre, il a interprété des pièces de Paul Claudel, Arthur Adamov, Bertolt Brecht, Rainer Maria Rilke en passant par Corneille et Luigi Pirandello.

"L’incarnation la plus poétique de l’histoire du théâtre"

Pour le comédien Fabrice Luchini, Laurent Terzieff était « l’incarnation la plus poétique de l’histoire du théâtre ».

« Il est ce Russe sublime, cette silhouette infinie, travailleuse, cet homme qui a consacré sa vie entière à l’amour des auteurs », a-t-il déclaré sur LCI.

Le président Nicolas Sarkozy a salué « un comédien et homme d’exception ».

« C’est une voix unique qui s’éteint, une musique singulière qui perçait toujours le brouhaha du monde pour atteindre au mystère de la ‘voie lactée’ chère à Buñuel », peut-on lire dans un communiqué du service de presse de l’Elysée.

Le Premier ministre, François Fillon, a dit sa « tristesse » de voir disparaître « un grand seigneur de la scène française ».

« Comme tous les vrais grands artistes, c’était un homme discret au charme contagieux. C’était un honnête homme au sens le plus élevé du terme », écrit Matignon dans un communiqué.

Pour le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, Laurent Terzieff, « c’était le talent à l’état pur, la force de l’interprétation, l’artiste passionné, exigeant, travailleur infatigable et inspiré ».

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a rendu hommage à une « personnalité exceptionnelle », un « homme engagé, la conscience politique qui s’oppose au conflit en Algérie, puis en Irak ».

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