GRÈCE

Malgré la grève générale, le Parlement grec adopte la réforme des retraites

Malgré la grève générale et la dizaine de milliers de personnes qui a défilé dans les rues d'Athènes ce jeudi, le Parlement a adopté le projet de réforme des retraites, élément central du plan de rigueur du gouvernement.

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REUTERS - Les députés grecs ont adopté jeudi la réforme des retraites au terme d’une journée de manifestations et de mobilisation moins importantes qu’au printemps.

La loi présentée par le gouvernement de George Papandréou s’inscrit dans le plan d’austérité négocié avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international en échange d’une aide financière de 110 milliards d’euros visant à alléger la crise de la dette grecque.

Elle prévoit une réduction du montant des pensions et le report de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans d’ici décembre 2013. Les pouvoirs publics ambitionnent également de porter l’âge moyen de départ effectif à la retraite de 61,4 ans aujourd’hui à 63,5 ans en 2015 et de réduire les possibilités de départ anticipé.

La réforme allonge également la durée de cotisations, de 35-37 annuités aujourd’hui à 40 annuités en 2015.

« Cette réforme de la sécurité sociale est historique », a déclaré à la tribune le ministre des Finances, George Papaconstantinou. « C’est une bonne et juste réforme qui rend le système plus équitable pour les salariés », a-t-il ajouté.

Mobilisation en recul

Dans l’après-midi, pourtant, 12.000 manifestants avait défilé dans les rues d’Athènes dans un concert de tambours et de sifflets, se rendant dans le calme jusqu’au parlement pour dénoncer cette réforme.

Les manifestants étaient à peu près aussi nombreux que lors des défilés contre les mesures d’austérité la semaine passée, mais la mobilisation est en net repli par rapport aux rassemblements de 50.000 personnes le 5 mai.

Les observateurs estiment que l’adoption de ce texte particulièrement impopulaire constitue un test de la capacité de l’exécutif grec à mettre en oeuvre les autres mesures du plan d’austérité, telles que la hausse des impôts et la réduction des salaires dans la fonction publique.

Malgré la grogne observée ces derniers jours dans les rangs socialistes, arrivés au pouvoir en octobre dernier et qui ont découvert l’ampleur réelle du déficit budgétaire, la discipline a prévalu: aucune des 157 voix socialistes au parlement n’a manqué à l’appel.

Dans l’opinion publique, la résignation commence à gagner la population, avec la sixième grève générale de 24 heures de l’année.

« Les gens semblent avoir accepté la situation (...). La très grande majorité considère que les mesures sont totalement injustes mais près de 50% les jugent nécessaires », explique Costas Panagopoulos, responsable de l’institut de sondage ALCO.

Il fait toutefois remarquer que le Premier ministre, George Papandréou, devra vite démontrer que les sacrifices demandés se traduisent par une amélioration dans la vie quotidienne des gens, un défi majeur en période de récession économique.

Les syndicats poursuivent le combat

Devant les parlementaires, le chef du gouvernement a expliqué que sans cette réforme l’économie grecque « s’effondrerait » sous le poids croissant des retraites.

D’après les projections, le coût des retraites, sans changement, serait passé de 12% du PIB en 2010 à 24% en 2050.

Rejetant cette justification et malgré la faible mobilisation, les organisations syndicales ont annoncé qu’elles allaient poursuivre les manifestations.

« Les travailleurs vont continuer le combat même après l’adoption de la réforme des retraites, afin qu’elle ne s’applique que sur le papier », a dit Ilias Vrettakos, vice-président du syndicat Adedy représentant les fonctionnaires.

Jeudi, le trafic aérien à destination et au départ de la Grèce a été perturbé toute la journée. Les ferrys sont restés à quai dans les ports. Les transports publics étaient à l’arrêt et les administrations fermées.

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