JAPON

Le Premier ministre Naoto Kan perd sa majorité au Sénat

Le Parti démocrate du Japon (PDJ, centre-gauche) du Premier ministre Naoto Kan a perdu les élections sénatoriales organisées ce dimanche dans le pays. Le Japon pourrait rentrer dans une période d'incertitude politique, estiment les analystes.

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AFP - Le gouvernement japonais de centre-gauche a perdu dimanche la majorité qu'il détenait au Sénat, privant le Premier ministre Naoto Kan de la stabilité politique qu'il réclamait pour revigorer le Japon et assainir ses finances.

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"Un camouflet pour le parti au pouvoir"

Cette défaite n'a pas de conséquence sur le maintien au pouvoir du Parti Démocrate du Japon (PDJ) de M. Kan, grâce à sa victoire écrasante aux élections législatives d'août 2009. Mais il va limiter la marge de manoeuvre du Premier ministre, nommé il y a à peine un mois, et le contraindre à négocier des alliances pour faire passer ses réformes budgétaires et fiscales.

Les Japonais, qui étaient appelés à renouveler la moitié des 242 sièges du Sénat, ont apparemment voulu sanctionner le PDJ après les commentaires de M. Kan sur une éventuelle hausse de la taxe sur la consommation, actuellement de 5%.

Le chef de gouvernement paye également les erreurs commises par son précédesseur, Yukio Hatoyama, qui a démissionné après moins de neuf mois en raison de son impopularité et de son incapacité à gouverner.

Selon un sondage effectué à la sortie des urnes par la télévision publique NHK, le PDJ obtiendrait entre 44 et 51 sièges sur les 121 soumis aux suffrages.

Pour conserver le contrôle du Sénat, la coalition formée par les Démocrates et le Nouveau Parti du Peuple, petit parti nationaliste, devait impérativement remporter au minimum 56 sièges, dont 54 pour le seul PDJ.

M. Kan, 63 ans, est le cinquième Premier ministre nommé depuis 2006 à la tête de la deuxième puissance économique du monde. Se présentant comme "un fils de salarié", contrairement à ses prédécesseurs héritiers de dynasties politiques, il s'est engagé à redonner aux Japonais confiance en l'avenir, à réduire la dette colossale du pays et à réformer le système des retraites et de protection sociale.

La défaite de dimanche risque de freiner ses ambitions et d'affaiblir son autorité au sein même du PDJ.

"Je veux poursuivre les réformes, bien que le jugement des électeurs soit sévère. J'ai l'intention de rester Premier ministre, même si la coalition perd la majorité", a déclaré M. Kan à des parlementaires, selon la NHK.

Le secrétaire général adjoint du PDJ, Goshi Hosono, a reconnu que les sondages à la sortie des urnes étaient "difficiles". "Le Premier ministre Kan a tenu des propos audacieux au sujet des finances de l'Etat. Malheureusement, ce message n'est pas passé auprès des électeurs", a-t-il dit aux journalistes.

Le Parti Libéral-Démocrate (PLD), principale force d'opposition, sort grand vainqueur de ce scrutin, raflant entre 46 et 52 sièges, soit beaucoup plus que les 38 qu'il remettait en jeu. Ce parti conservateur a gouverné le Japon pendant plus d'un demi-siècle, avant d'être renversé par les Démocrates l'été dernier.

Votre Parti, une toute jeune formation politique créée en 2009 par des dissidents du PLD, fait également un score remarqué, compris entre 8 et 11 sièges, ce qui pourrait lui permettre de jouer les arbitres au Sénat.

Yoshimi Watanabe, président de ce parti, n'a pas exclu de soutenir le gouvernement au coup par coup selon les propositions de loi, tout en rejetant a priori de rejoindre la coalition au pouvoir.

Votre Parti lutte contre la toute-puissance des hauts fonctionnaires et milite en faveur de la décentralisation. Il prône la réduction de moitié des impôts sur les entreprises, mais est opposé dans l'immédiat à la hausse de la taxe sur la consommation.

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