JUSTICE

La libération de Polanski suscite des sentiments contrastés des deux côtés de l'Atlantique

La décision des autorités suisses de ne pas extrader le cinéaste franco-polonais suscite des réactions diverses. Si les médias helvétiques balancent entre soulagement et incompréhension, la déception domine aux États-Unis et sur le Web.

Publicité

"Une décision courageuse et équitable" pour "Le Temps". "Une décision d’une limpidité et d’une logique remarquables" pour "24 Heures"... Pour de nombreux médias suisses, la décision de la ministre de la Justice, Eveline Widmer-Schlumpf, de libérer Roman Polanski est un soulagement et la conclusion d'une affaire qui embarrassait le pays. "La Suisse ne minimise pas la gravité - incontestable - des faits qui sont reprochés [au cinéaste]. Elle ne rompt pas l’égalité de tous devant la loi qui est au fondement de toute société démocratique. Elle reconnaît simplement qu’elle s’est fourvoyée en l’arrêtant dans de telles circonstances", écrit le quotidien "Le Temps."

La Tribune de Genève, en revanche, estime que cette décision est pour le moins "insatisfaisante". "Il a bon dos, l’argument du risque de vice de procédure, écrit le journal dans son éditorial. [...] La Suisse donne aujourd’hui le sentiment de s’abriter derrière ce prétexte pour se dégager d’une affaire dans laquelle elle semblait bien emberlificotée." Plusieurs médias de Suisse alémanique regrettent, à l'instar du "Neue Luzerner Zeitung", que "tous ne soient pas égaux" devant la loi.

"Une défaite sévère"

Aux Etats-Unis en revanche, c'est la déception qui domine. "Nous sommes déçus et nous continuerons à chercher justice dans cette affaire", a réagi le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley. Ce dossier adresse "un message très important sur la façon dont on traite les femmes et les filles dans le monde", a-t-il ajouté.

La justice américaine réclamait l'extradition vers les Etats-Unis du cinéaste franco-polonais Roman Polanski, accusé de relations sexuelles illégales avec une mineure de 13 ans en 1977. Le refus par la Suisse de cette extradition est une "défaite sévère pour le procureur de Los Angeles", commente le "New York Times", qui rappelle que l'arrestation et la demande d'extradition de Roman Polanski "a ouvert un fossé culturel entre l'Europe et les Etats-Unis à mesure que cinéastes, intellectuels, politiques et organisations de défense des victimes prenaient partie". "Une fois encore, Polanski est sauvé par un non-sens judiciaire", estime le "Los Angeles Times".

Sur Internet, nombreux sont ceux qui expriment également leur incompréhension au lendemain de l'annonce de cette libération, souvent jugée injuste. "Ai-je raté quelque chose ? Pourquoi Polanski a-t-il été libéré sans inculpation ?" s'exclame Rob sur Twitter. Sur la page Facebook de FRANCE 24, "Comité" estime que c'est un "triste jour pour la justice". C'est une "victoire de la notoriété sur la justice", ajoute Charles.

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine