NUCLÉAIRE

Un physicien iranien se réfugie à l'ambassade du Pakistan à Washington

Un physicien nucléaire iranien, qui prétend avoir été enlevé par la CIA et qui s'est réfugié à l'ambassade du Pakistan à Washington, serait venu aux États-Unis de son plein gré et serait libre de rentrer en Iran, selon un responsable américain.

Publicité

REUTERS - Un physicien nucléaire iranien, qui a trouvé refuge à la section des intérêts iraniens de l'ambassade du Pakistan à Washington, affirme avoir été enlevé par des agents de la CIA, "un acte honteux pour l'Amérique", selon lui.

Un responsable américain, s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, a immédiatement démenti ces accusations en expliquant que le scientifique en question, Shahram Amiri, avait entrepris de voyager aux Etats-Unis "de son plein gré", avant de décider de regagner son pays, également "de son plein gré".

Le responsable de l'administration Obama a par ailleurs expliqué qu'Amiri attendait des documents d'un pays tiers afin de pouvoir y faire étape, avant de regagner l'Iran.

Chercheur universitaire employé par l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Amiri avait disparu lors d'un pèlerinage à La Mecque. A cette époque, Téhéran avait accusé l'Arabie saoudite de l'avoir enlevé et de l'avoir livré aux Etats-Unis.

En mars, la chaîne de télévision américaine ABC avait rapporté que le physicien nucléaire avait fui aux Etats-Unis et collaborait désormais avec la CIA.
De son côté, l'administration américaine a toujours rejeté les accusations selon lesquelles Amiri aurait été enlevé afin de livrer des secrets sur le programme nucléaire iranien. "Mon enlèvement est un acte honteux pour l'Amérique (...) J'ai subi d'énormes pressions psychologiques ces 14 derniers mois sous la surveillance d'agents armés", a déclaré Amiri lors d'une interview accordée par téléphone à une chaîne de télévision iranienne officielle.

Vidéos contradictoires

Iraniens et Américains n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis la Révolution islamique en 1979 et c'est pour cette raison que l'ambassade du Pakistan assure une représentation de l'Iran aux Etats-Unis.

Le climat entre les deux pays s'est fortement dégradé ces dernières années, Washington, comme d'autres puissances occidentales, soupçonnant Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil.

Concernant le cas d'Amiri, le gouvernement iranien avait convoqué au début du mois l'ambassadeur de Suisse à Téhéran pour lui remettre des documents attestant que le physicien avait été enlevé par les Etats-Unis, dont les intérêts en Iran sont représentés par la Confédération helvétique.

Plusieurs enregistrements vidéos contradictoires montrant apparemment Amiri ont été diffusés ces dernières semaines.

Dans une première vidéo diffusée par la télévision iranienne, un homme présenté comme Amiri raconte qu'il a été emmené aux Etats-Unis et torturé.

Dans une deuxième vidéo, un homme affirmant être Amiri explique être en fuite après avoir échappé à des "agents" américains et demande à des organisations humanitaires de l'aider à rentrer en Iran.

Enfin, dans un troisième enregistrement, une personne se présentant comme étant le physicien iranien explique qu'elle a choisi d'étudier aux Etats-Unis.

Pour le responsable américain s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, "les actions de Shahram Amiri -- ses multiples vidéos et maintenant son arrivée à la section des intérêts iraniens -- prouvent manifestement qu'il n'était pas détenu par les Etats-Unis contre sa volonté".
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine