IRAN

Victime ou espion, qui est Shahram Amiri ?

Victime d'un enlèvement ou collaborateur de la CIA ? Le mystère s'épaissit autour du scientifique iranien Shahram Amiri qui est rentré ce jeudi à Téhéran, après "plus d'un an d'absence"...

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Le mystère reste entier autour du physicien iranien Shahram Amiri, de retour en Iran plus d'un an après avoir été "enlevé" selon Téhéran par les services secrets américains lors d’un pèlerinage à La Mecque, en Arabie saoudite, en juin 2009.

D’après les médias iraniens, Amiri est un "chercheur en radio-isotopes médicaux à l'université Malek Ashtar", qui dépend des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite et idéologique du régime islamique. Une version confirmée par le physicien peu après son retour en Iran. "Je n'ai fait aucune recherche dans le domaine nucléaire. Je suis un simple chercheur travaillant dans une université ouverte à tous et où il n'y a aucun secret", a-t-il affirmé.

Fin mars 2010, la chaîne américaine ABC assurait que Shahram Amiri, physicien nucléaire, avait fait défection et collaborait avec la CIA. Une thèse relayée ce jeudi par le "Washington Post" , où l'on peut lire qu'Amiri aurait collaboré pendant plus d'un an avec les services secrets américains. Le quotidien affirme dans son édition en ligne que la CIA l'aurait payé 5 millions de dollars pour qu'il fournisse des renseignements sur le programme nucléaire iranien.

Vidéos contradictoires

Qui est vraiment Amiri ? Cette guerre de l’information que se livre Washington et Téhéran, sur fond de crise nucléaire, a été alimentée ces dernières semaines par plusieurs vidéos contradictoires qui ont ajouté à la confusion. Dans une première vidéo diffusée le 7 juin par la télévision iranienne, un homme se présentant comme Amiri affirmait avoir été enlevé et torturé par les services secrets américains et être détenu près de Tucson, en Arizona. C’est la thèse officielle du régime iranien.

Dans une deuxième vidéo, une personne se présentant comme étant le physicien iranien explique qu'elle a choisi librement d’aller étudier aux États-Unis. "Personne ne l'a forcé à venir ici et personne ne l'a forcé à partir", a assuré le porte-parole du département d'Etat américain Philip Crowley, peu avant le départ du physicien pour Téhéran.

Enfin, dans un troisième enregistrement diffusé fin juin, un homme affirmant être Amiri explique être en fuite après avoir échappé à des "agents" américains et demande à des organisations humanitaires de l'aider à rentrer en Iran

C’est dans ce contexte, pour le moins opaque, que le physicien iranien, qui affirme avoir été torturé, refait surface le 12 juillet en se réfugiant dans les locaux de la section des intérêts iraniens de l'ambassade du Pakistan à Washington. Avant de s’envoler pour l’Iran avec ses secrets…

 

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