AFGHANISTAN

L'Otan pointe l'incurie de la communauté internationale en Afghanistan

À la veille de la conférence des pays donateurs qui doit se tenir à Kaboul, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, accuse la communauté internationale d'avoir sous-évalué les difficultés de la mission en Afghanistan.

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AFP - La communauté internationale a sous-estimé la difficulté de la mission à remplir en Afghanistan, a affirmé lundi le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen, dans un entretien accordé à la chaîne danoise TV2 News.

"Sincèrement, je crois que la communauté internationale a sous-estimé la mission en Afghanistan. C'est pourquoi cela prend beaucoup plus de temps pour aider les Afghans à établir suffisamment de capacités" pour reconstruire le pays et assurer la paix et sa stabilité, a-t-il déclaré à la veille d'une conférence de donateurs à Kaboul.

Des responsables de plus de 60 pays, dont la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, et d'organisations internationales doivent participer mardi dans la capitale afghane à cette réunion qui constitue la suite de celle organisée à Londres en janvier.

"Il existe assurément une volonté du pouvoir" à Kaboul pour résoudre les problèmes du pays. Mais "il manque surtout des moyens suffisants pour le faire" selon M. Rasmussen.

"Il faut garder à l'esprit qu'à la chute du gouvernement des talibans en 2001, il fallait reconstruire la société afghane à partir de zéro", a-t-il dit.

Le responsable de l'Otan s'est cependant déclaré "optimiste" sur l'avenir de l'Afghanistan, malgré la forte résistance des talibans, qui a résulté en de lourdes pertes dans les rangs de la coalition internationale (379 soldats étrangers tués depuis le début de l'année).

"L'engagement militaire va dans la bonne direction. Malheureusement nous enregistrons des pertes trop lourdes", a-t-il constaté, estimant que "c'est le résultat des renforts de la coalition envoyés sur le terrain, ce qui suppose plus de combats et plus de pertes pour déloger les talibans de leurs fiefs dans la province du Helmand et de Kandahar".

"Les talibans savent que s'ils perdent ces fiefs, ils perdront tout. C'est pourquoi ils contre-attaquent durement, ce qui entraîne et entraînera malheureusement plus de pertes" dans les rangs de la coalition, dans les semaines et mois prochains".

Pour M. Rasmussen l'engagement en Afghanistan est "un succès" et il espère que le transfert progressif des responsabilités aux Afghans "sera engagé" lors du sommet de l'Otan en novembre.

"Nous sommes d'accord avec le gouvernement afghan sur la manière de transférer cette responsabilité", ce qui devrait "ressortir" d'un document commun lors de la réunion de mardi, a-t-il précisé.

L'ex-dirigeant danois a reconnu "des problèmes pour réunir suffisamment de formateurs des soldats et policiers afghans" et il a exhorté les Etats membres de l'Otan à "fournir plus de personnel".

L'Otan est cependant "en avance de cinq mois sur le calendrier de formation de l'armée afghane", a-t-il affirmé.

L'objectif de quelque 134.000 soldats formés à la fin de 2010 est déjà atteint en juillet et en octobre 2011 ce seront au total quelque 300.000 militaires et policiers qui seront formés en Afghanistan, a précisé M. Rasmussen.

L'Otan dispose de quelque 140.000 soldats en Afghanistan et un contingent de 10.000 soldats supplémentaires doit arriver dans les semaines prochaines.

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