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AFGHANISTAN

L'administration Karzaï entend reprendre la main sur l'aide internationale

4 min

Kaboul accueille aujourd'hui et demain une conférence des pays donateurs réunissant une soixantaine de délégations. Un sommet qui fait office de grand oral pour le gouvernement afghan régulièrement accusé de faire le jeu de la corruption.

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Kaboul est devenue une place forte. Depuis quelques jours, plusieurs artères de la ville sont strictement interdites d’accès aux véhicules et aux piétons, aucun avion – civil ou militaire – n’est autorisé à survoler le territoire afghan. Mardi et mercredi, les ministres des Affaires étrangères d’une soixantaine de pays sont attendus dans la capitale afghane pour tenter d’organiser le transfert du pouvoir militaire et civil aux autorités du pays.

 
Au cœur des débat : les milliards de dollars d’aide internationale destinés au développement du pays. Jusqu’à présent, plus des trois quarts des 40 milliards de dollars it
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d’aide dépensés dans le pays ont été consacrés à des projets échappant au contrôle du gouvernement afghan. Une absurdité aux yeux de la classe politique locale qui, soucieuse de reprendre la main sur la reconstruction, demande que 80 % des dons soient désormais alloués aux 23 projets prioritaires qu'elle a elle-même définis.

 
"L’idée n’est pas seulement de renforcer la légitimité du gouvernement afghan, affirmait la semaine dernière le ministre afghan des Finances, Omar Zakhilwal, lors d’une réunion préparatoire à la conférence. Le gouvernement afghan estime que l’alignement de l’aide internationale sur ses priorités, et donc sur celles de la population afghane, est la clé pour permettre le développement durable et l’autosuffisance du pays."
 

Les projets du gouvernement afghan tournent autour de quatre axes:

  • Garantie de clareté dans l'utilisation des fonds
  • Lutte active contre la corruption
  • Augmentation des effectifs de l'armée et de la police
  • Mise en place d'un programme pour inciter les Taliban à déposer les armes

Sur le principe, une reprise en main du pays par les autorités afghanes n’est pas pour déplaire aux pays de la coalition impliqués dans le conflit. Depuis plusieurs mois, les critiques pleuvent sur la stratégie militaire américaine en Afghanistan. Il en a d’ailleurs coûté sa place, fin juin, au commandant en chef des forces alliées sur le terrain, le général McChrytsal.

 
La corruption au cœur du problème
 
Neuf ans après l’invasion américaine et la chute du régime taliban, le conflit s’enlise et la plupart des analystes s’accordent à dire que la bataille militaire est perdue. "Nous savons tous, chacun sait, tout le monde reconnaît qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit", a d’ailleurs déclaré samedi à Reuters l’émissaire spécial des Nations unies, Staffan de Mistura. Les Taliban rejettent toutes les offres de paix de la coalition et promettent de lutter jusqu’au départ des troupes étrangères.
 
Les pays de la coalition n’ont donc qu’une hâte : se désengager de ce bourbier. Selon le quotidien britannique The Independant, ces derniers devraient profiter de la conférence pour entériner un calendrier de retrait prévoyant un transfert du contrôle du territoire à l’armée afghane en 2014.
 
Cependant, l’administration d’Hamid Karzaï n’a pas vraiment la confiance de la communauté internationale. Les accusations de corruption se multiplient, à tel point que l’Union européenne (UE) a décidé de bloquer 600 millions euros d’aide destinés à l’Afghanistan jusqu’à ce que la mise en place de procédures de contrôle soit décidées lors de la conférence de Kaboul. De la même façon, fin juin, Nita Lowey, une élue au Congrès américain, a empêché le versement de 4 millions de dollars à l’Afghanistan, estimant qu’Hamid Karzaï ne luttait pas assez activement contre la corruption.
 
Selon l’ONG Transparency International, l’Afghanistan se place en seconde position des pays les plus corrompus au monde, derrière la Somalie et devant la Birmanie.
 
Le chef de l'État afghan a compris l’enjeu colossal de la conférence et a fait de la lutte contre la corruption l’une de ses priorités. Pour une administration rompue aux pots-de-vin, la tâche s’annonce difficile. Tout aussi ardue que celle qui consistera à convaincre les pays donateurs de sa bonne volonté.

 

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