AFFAIRE BETTENCOURT

Les époux Woerth bientôt entendus par la police

Éric Woerth et son épouse devraient être interrogés par la police "dans de brefs délais". L'audition du ministre du Travail sera menée dans le cadre de l'enquête portant sur le contenu des écoutes clandestines réalisées chez Liliane Bettencourt.

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AFP - Le parquet de Nanterre a annoncé lundi que le ministre du travail Eric Woerth et son épouse seraient entendus "dans de brefs délais" dans l'enquête sur les enregistrements pirates de Liliane Bettencourt, le ministre réfutant une nouvelle fois tout conflit d'intérêt dans l'affaire.

Selon le parquet de Nanterre, l'héritière de L'Oréal, âgée de 87 ans, sera aussi entendue par les enquêteurs, à une date qui "n'a pas encore été fixée".

Lors d'un déplacement lundi matin à Guyancourt, dans les Yvelines, le ministre du Travail avait déclaré que son audition par la police interviendrait rapidement. "Je serai entendu prochainement par la justice comme je l'ai demandé", a-t-il dit.

Interrogé sur la date de l'audition, l'avocat du ministre, Me Jean-Yves Le Borgne, a répondu que cette dernière n'était pas encore connue. "Il n’y a pas de date d’audition fixée pour M. Woerth mais, au vu du rythme auquel est menée cette enquête depuis deux semaines, on peut imaginer que l’audition du ministre arrive assez vite", a-t-il précisé.

L'audition d'un ministre par la justice nécessite l'accord préalable du Conseil des ministres. Interrogé sur ce point par l'AFP, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a répondu qu'aucune demande d'autorisation n'était parvenue lundi matin.

Procéduralement, l'audition se ferait dans le cadre de l'enquête préliminaire sur le contenu des écoutes clandestines réalisées entre mai 2009 et mai 2010 chez Mme Bettencourt qui suggèrent le possible conflit d'intérêts mais aussi des opérations de fraude fiscale.

Le soupçon de conflit d'intérêts dans l'affaire Bettencourt, qui continue de planer sur les époux Woerth, a contraint lundi M. Woerth à démentir une nouvelle fois avoir "jamais favorisé" l'embauche de sa femme par le gestionnaire de fortune de la milliardaire, Patrice de Maistre.

"Je n'ai jamais favorisé l'embauche de ma femme", a déclaré le ministre, réagissant à la publication ce week-end d'extraits de PV d'audition du gestionnaire de la milliardaire, Patrice de Maistre, fragilisant la position du ministre.

Au cours de sa garde à vue, levée vendredi soir, Patrice de Maistre avait ainsi affirmé que M. Woerth, alors au Budget, lui avait "demandé de recevoir sa femme et ce pour essayer de la conseiller sur sa carrière", début 2007, selon un extrait du PV.

Embauchée par Clymène à l'automne 2007, Mme Woerth en a démissionné fin juin, admettant avoir "sous-estimé ce conflit d'intérêts".

Pour le ministre, qui doit défendre mardi devant les députés la réforme des retraites, les déclarations de M. de Maistre "ne (le) mettent pas en difficulté, ce sont les interprétations mensongères de certains titres de presse".

"Les mensonges et les amalgames de la presse cette semaine sont absolument scandaleux et ignobles, il y a vraiment des pros de l'amalagme", a-t-il ajouté.

Interrogé par l'AFP, Claude Guéant a répondu qu'"aucun délit" ne pouvait être reproché à M. Woerth au regard des extraits d'audition du gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt sur ses relations avec le ministre du Travail.

Dans un entretien accordé lundi au quotidien Libération, l'eurodéputée Corinne Lepage a demandé la saisine de la Cour de justice de la République (CJR) afin qu'elle se charge des investigations concernant Eric Woerth dans les différents volets de l'affaire Bettencourt.

La CJR est une juridiction d'exception créée pour connaître des infractions commises par les ministres dans l'exercice de leurs fonctions.

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