FRANCE

L'ex-footballeur Basile Boli renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nanterre

Soupçonné de recel et d'abus de confiance dans le cadre de ses activités à la tête de l'association Entreprendre et réussir en Afrique, l'ex-international est cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

Publicité

AFP - L'ancien footballeur international Basile Boli, visé par une enquête pour abus de confiance et recel dans le cadre d'activités associatives, a été cité à comparaître devant le tribunal correctionnel dans cette affaire par le parquet de Nanterre.

La date exacte de son renvoi devant le tribunal n'a pas encore été décidée, a précisé une source judiciaire à l'AFP, indiquant que le dossier était toujours "à l'audiencement".

Président de l'association "Entreprendre et réussir en Afrique" (ERA), Basile Boli avait été placé en garde dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) en novembre 2009 dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte le 21 février 2009 sur les comptes de son association.

Au terme de sa garde à vue, l'ancien défenseur central de l'Olympique de Marseille et de l'équipe de France, âgé de 43 ans, avait été remis en liberté. Les investigations du parquet, lancées après un signalement du commissaire aux comptes, s'étaient alors poursuivies.

L'association "Entreprendre et réussir en Afrique" (ERA), présidée par l'ancien footballeur, a été fondée pour aider les migrants africains à se réinstaller dans leur pays et à y monter des projets économiques.

Selon une source judiciaire, il est apparu lors de l'examen des comptes de cette structure que les postes budgétaires des salaires et frais de déplacement étaient "tout à fait conséquents" par rapport aux recettes de l'association.

Dans une déclaration transmise à l'AFP, en novembre 2009, l'ancien joueur s'était dit "injustement soupçonné".

"Je tiens à rappeler mon attachement et mon dévouement au continent africain", avait affirmé M. Boli, se disant "plus que jamais convaincu de la mission d'ERA : rapprocher la France et l'Afrique en vue d'un co-développement de ces deux cultures".

Entré dans l'histoire du football français en marquant le but décisif de l'Olympique de Marseille en finale de la Ligue des Champions face au Milan AC, en 1993, le défenseur central avait aussi brillé sous les couleurs de l'AJ Auxerre et en équipe de France.

Après sa carrière sportive, l'ancien joueur s'était rapproché de la vie associative, mais aussi politique. Il avait d'abord décliné une proposition du PS pour être candidat aux élections législatives de juin 2007, avant de soutenir Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle la même année.

Quelques mois plus tard, en octobre 2007, il était nommé secrétaire national de l'UMP en charge du co-développement, poste qu'"il n'occupe plus, en tous cas depuis l'arrivée de Xavier Bertrand au secrétariat général (de l'UMP) en janvier 2009", avait précisé à l'AFP l'entourage de M. Bertrand au mois de novembre.

ERA avait notamment passé en septembre 2007 une convention avec l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (Anaem), un organisme d'Etat devenu aujourd'hui l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et placé sous la tutelle du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire.

Selon une source proche du dossier, la convention passée entre l'ex-Anaem et ERA prévoyait que l'association mène une série d'actions "d'information et de sensibilisation" sur l'aide au retour, ainsi qu'un accompagnement "de migrants porteurs d'un projet économique" dans leur pays d'origine.

Toujours selon cette source, l'engagement financier de l'Anaem prévu par la convention s'élevait à 600.000 euros par an, mais cette "convention n'est pas allée à son terme".

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine