TOUR DE FRANCE

Schleck donne rendez-vous à Contador dans le Tourmalet

La 17e étape du Tour sera jugée ce jeudi au sommet du Tourmalet (Pyrénées), l'un des cols mythiques de l'épreuve. Elle devrait être l'occasion d'une nouvelle passe d'armes entre le maillot jaune Alberto Contador et son rival Andy Schleck.

Publicité

AFP - La vérité du Tour de France doit sortir jeudi du Tourmalet, l'ascension finale de la 17e étape qui promet un match au sommet entre Alberto Contador, l'Espagnol porteur du maillot jaune, et Andy Schleck, son rival luxembourgeois.

Les coureurs en montagne sont-ils poussifs ou explosifs ? Explications

Si la météo annonce des averses, et donc de possibles brouillards à l'altitude de 2114 mètres, la montée du col pyrénéen le plus célèbre a tout d'un révélateur. Schleck l'a clamé haut et fort, c'est dans le Tourmalet qu'il jouera son va-tout pour reprendre le maillot jaune, perdu lundi à cause d'un incident de dérailleur, et peut-être gagner le Tour à trois jours de l'arrivée à Paris.

"Le Tour se jouera dans les Pyrénées", n'a cessé de répéter Contador depuis des mois. Tout est donc en place pour que les deux premiers du classement, séparés par 8 secondes seulement, engagent le duel du côté de Luz Saint-Sauveur et de Barères, premières marches de l'escalier géant qui mène au sommet.

La course peut-elle se décanter avant ?

Marie-Blanque, qui présente des pentes éprouvantes lance l'étape. Mais le col est situé loin de l'arrivée (117,5 km), bien avant le Soulor, lui-même à distance du pied du Tourmalet.

Pendant la journée de repos, mercredi, le Luxembourgeois est allé reconnaître Marie-Blanque. Est-ce un signe ? "L'équipe est prête", répond en tout cas Yvon Sanquer, directeur sportif de la formation de Contador. "Il faut être vigilant".

"Notre rôle, c'est de travailler dans la première partie de l'étape pour amener Alberto dans les meilleures conditions au Tourmalet. Après, ça se jouera à la pédale", souligne Sanquer. De là à conclure à une course de côte format XXL, le pas est vite franchi d'autant que Schleck a fixé le rendez-vous en ce lieu. A lui de jouer.

"C'est le dernier col, la dernière arrivée au sommet. Chacun va donner son maximum", rappelle Sanquer, qui s'entretenait fort courtoisement, mercredi matin, avec Johnny Schleck, le père d'Andy. Les deux équipes (Astana et Saxo Bank) partagent, dans les environs de Pau, le même hôtel pendant trois jours. Et, entre les deux camps, le fair-play est de rigueur.

Un troisième homme peut-il troubler le duel ?

Derrière Contador et Schleck, le fossé s'agrandit sensiblement. Samuel Sanchez (3e) pointe à 2 minutes du leader, Denis Menchov (4e) à 2 min 13 sec. Mais l'Espagnol, qui a souffert mardi dans Aspin, semble moins menaçant que le Russe, toujours énigmatique.

Si Andy Schleck n'a pas semblé vraiment inquiet de voir Menchov à cette distance somme toute raisonnable avant la dernière étape de montagne -"mais il sera un homme important demain (jeudi)", a-t-il relevé-, d'autres placent le Russe de la Rabobank en prétendant sérieux pour le maillot jaune.

"C'est un Tour encore ouvert", estime Serge Parsani, l'expérimenté directeur sportif de Katusha. "Schleck doit attaquer, et même Contador. Si Menchov ne se fait pas lâcher dans le Tourmalet, attention à lui. Car le contre-la-montre de samedi lui est favorable".

Parsani rappelle que le Russe, habitué des grands tours (il a déjà gagné la Vuelta et le Giro), sait comptabliser ses efforts: "Quand Schleck ou Contador ont attaqué dans les dernières étapes de montagne, ils ne l'ont pas lâché. Menchov a montré qu'il était bien en cette fin de Tour."

Et le technicien italien de se risquer à une évaluation des chances de victoire finale pour chacun des trois protagonistes: "40 % pour Contador, 30 % pour Schleck et pour Menchov."

Quelle avance doit posséder Andy Schleck pour garder toutes ses chances ?

Le Luxembourgeois affirme qu'il lui faut surtout être en jaune au départ, samedi, des 52 kilomètres du contre-la-montre de Pauillac, à la veille de l'arrivée. "Il a progressé dans les chronos", note Contador, qui ne commet jamais l'erreur de sous-estimer un adversaire.

Dans le camp de l'Espagnol, on estime toutefois à 1 minute, au moins, l'avantage théorique du vainqueur sortant. Voire 1 minute et demie, estimation confirmée par Parsani, observateur impartial.

Mais Contador a souligné aussi l'importance du facteur météo, élément corroboré par Parsani: "Si le vent souffle en sens contraire à la course, samedi, les écarts seront très importants." Et Schleck, qui n'est pas un vrai rouleur, pourrait alors payer la note face à des adversaires qui lui sont supérieurs dans l'exercice.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine