ZONE EURO

Les banques européennes attendent les résultats de leurs "stress tests"

L'Europe publie, ce vendredi, les résultats des tests de résistance auquel ont été soumises 91 banques européennes. Objectif affiché : rassurer les marchés sur la solidité du secteur. Décryptage d'une opération déjà menée en 2009.

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Quel est le but d’un stress test ?
Les banques se soumettent à des simulations financières censées tester leur résistance en cas de fortes perturbations économiques. Le Comité européen des contrôleurs bancaires (CECB) juge ensuite en fonction des résultats de ces tests si une banque a besoin d’augmenter ses fonds propres. Les résultats publiés le 23 juillet sont en quelque sorte des bulletins de santé des établissements bancaires européens. Les stress-tests ont été décidés alors que plusieurs pays européens, notamment du sud, connaissent une période de turbulence financière. Les autorités européennes espèrent que les résultats rassureront les marchés financiers prompts à spéculer sur les difficultés de la zone euro.

Comment sont menés ces tests de résistance ?
Ils se sont déroulés pendant le mois de juillet. Les économistes du CECB ont élaboré plusieurs scénarii. En fonction des données fournies par les banques testées, ils ont effectué des projections.
Deux hypothèses de départ ont été retenues. Une qui s’appuie sur les projections de croissance normale et l’autre qui noircit singulièrement les choses. Dans ce second scénario, les experts ont baissé de 3 points les prévisions actuelles de croissance dans la zone euro.
Dans les deux cas, ils ont également inclus le fameux problème des dettes souveraines. Ainsi pour la Grèce, ils prévoient une chute de la valeur des emprunts d’État de plus de 16 % contre seulement 0,7 % pour la France.

Quelles sont les banques testées ?
Lors du dernier stress-test en 2009, seulement 22 banques avaient été testées. Cette fois-ci, le CECB a vu beaucoup plus large. En tout, le régulateur européen a retenu 91 établissements. Une liste qui représente 65 % du secteur bancaire européen et 50 % de ce secteur dans chaque pays concerné. L’Espagne arrive largement en tête des pays par nombre de banques testées, avec 27 établissements. En Allemagne, ce sont 14 banques dont la solidité sera mise à l’épreuve. En France, où le secteur bancaire est très concentré, seules quatre banques ont été testées.

Quelles sont les critiques soulevées contre ces tests ?
Le principal reproche postulé à l’encontre des tests de résistance européen est qu’il ne va pas suffisamment loin. Certains analystes regrettent amèrement qu’aucune hypothèse ne retienne le cas d’un défaut de paiement pur et simple d’un pays… comme cela avait pourtant déjà été évoqué à plusieurs reprises concernant la Grèce. Les marchés ne comprennent pas non plus très bien les chiffres retenus pour les décotes (chutes) des emprunts d’État. Ils s’appuient sur un test externe effectué par l’agence de notation Moody’s et la banque Citigroup. Les deux organismes ont ainsi retenu pour la Grèce une dépréciation possible de 40 % ! Une sacrée différence avec les 16 % prévus par la CECB… Autant de critiques qui poussent certains à conclure que les résultats de vendredi ne seront pas perçus comme suffisamment sérieux par les marchés. Auquel cas, l’UE aura manqué son but.

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