FRANCE

Associations et politiques dénoncent une "stigmatisation" des gens du voyage

Après les propos de Nicolas Sarkozy sur les "problèmes" posés par les gens du voyage et les Roms, les organisations de défense des droits de l'Homme et les responsables politiques montent au créneau pour dénoncer de "dangereux amalgames".

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La Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), Amnesty International, la Ligue des droits de l'Homme (LDH), l'Union française des associations tsiganes, La voix des Roms, Hors la rue... Depuis les propos de Nicolas Sarkozy sur les "problèmes" posés par le "comportement de certains" Roms et gens du voyage, les réactions se multiplient. Associations, organisations de défense des droits de l'Homme mais aussi responsables politiques dénoncent la stigmatisation de ces populations.

"Gens du voyage" est l'appellation administrative, établie à la fin des années 1970, qui désigne les communautés nomades de France, ceux "dont la profession et les occupations nécessitent un déplacement continuel en caravane pendant la majeure partie de l'année". Ils possèdent la nationalité française.

Les "Roms" ou "Tsiganes", sont, à l'origine, un peuple nomade venu d'Inde, aujourd'hui très majoritairement sédentarisé. En France, le terme "Roms" désigne des nomades d'origine essentiellement roumaine ou bulgare. Ils bénéficient de la liberté de circulation mais n'entrent pas dans la catégorie juridique française des "gens du voyage".

Les Roms sont appelés différemment selon les zones géographiques. On parle de "gitans" en Camargue, dans le sud de la France, comme en Espagne. En Italie ou dans les pays germanophones, en revanche, on parle de "manouches".

"Le président de la République a choisi la stigmatisation raciste par des amalgames inacceptables", dénonce ainsi la LDH. Roms et gens du voyage sont les "boucs émissaires des carences de l'État". La Licra condamne également de "dangereux amalgames" et un "traitement ethnique de la délinquance".

De leur côté, les responsables politiques ont également réagi aux propos de Nicolas Sarkozy. Le porte-parole du Parti socialiste (PS), Benoît Hamon, les a dénoncés en affirmant que le président ne faisait pas appliquer la loi qui impose aux communes d'aménager des aires d'installations pour les gens du voyage. Pour Noël Mamère, des Verts, Nicolas Sarkozy "livre en pâture" ces populations "pour mieux faire oublier l'affaire d'État [Woerth-Bettencourt, NDLR] dans laquelle il est empêtré".

"Ce ne sont pas des voyous"

Après les récentes violences de Saint-Aignan, dans le Loir-et-Cher, le chef de l'État a estimé que ces heurts soulignaient "les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms". Il a annoncé la tenue d'une réunion sur la question le 28 juillet prochain et décidé l'expulsion de tous les campements illégaux.

"L'intention du président n'était pas d'organiser un amalgame ni de faire diversion, a répondu sur France 24 Pierre Hérisson, sénateur UMP et président de la Commission nationale consultative des gens du voyage. Mais nous avons véritablement besoin de parler des problématiques des gens du voyage, des Roms et de la délinquance."

Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a lui aussi assuré que le président ne cherchait pas à stigmatiser une communauté, mais simplement à "répondre à une problématique".

"Je connais très bien les populations manouches et les gitans de France, explique de son côté le réalisateur d'origine gitane Tony Gatlif à France 24. Ce ne sont pas du tout des voyous que l'on peut confondre avec ceux qui cassent ou qui saccagent les cités. Ce sont des gens qui sont dans le pays depuis très longtemps, ils sont présents dans toute la littérature française, de Molière à Victor Hugo."

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