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L'Union africaine accuse la CPI d'"acharnement" contre l'Afrique

Les chefs d'État et de gouvernement africains poursuivent un sommet de trois jours, entamé dimanche, et dominé par le renforcement des troupes de l'Union africaine en Somalie et par la situation au Soudan.

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AFP - L'Ouganda a appelé dimanche à la mobilisation du continent africain pour en "chasser les terroristes" islamistes, à l'ouverture d'un sommet au cours duquel l'Union africaine doit renforcer ses troupes en Somalie pour y affronter les insurgés affiliés à Al-Qaïda.

"Ces terroristes peuvent et doivent être vaincus", a lancé le président ougandais Yoweri Museveni à propos des islamistes radicaux shebab, qui ont revendiqué un double attentat ayant fait 76 morts le 11 juillet dans la capitale ougandaise.

"Agissons de concert pour les chasser d'Afrique", a poursuivi le chef d'Etat ougandais. "Qu'ils repartent en Asie et au Moyen-Orient, d'où certains viennent d'après ce que je comprends", a-t-il ajouté.

Les shebab, qui ont fait allégeance à la nébuleuse internationale islamiste Al-Qaïda, ont affirmé vouloir par ces attentats obtenir le retrait de Somalie des soldats ougandais, qui composent l'essentiel d'une force de l'Union africaine (Amisom).

La trentaine de chefs d'Etat africains réunis jusque mardi à Kampala -- sur 53 Etats membres -- ont marqué leur solidarité avec l'Ouganda en observant un moment de silence en hommage aux victimes de l'attentat.

Le sommet devrait entériner l'envoi d'un renfort de 2.000 soldats pour l'Amisom, actuellement composée d'un peu plus de 6.000 hommes (3.500 Ougandais et 2.500 Burundais).

La Guinée est prête à envoyer "immédiatement" un bataillon (environ 800 hommes), selon le président de la Commission de l'UA Jean Ping, et l'UA a également sollicité des renforts de la part de l'Afrique du Sud, de l'Angola et du Mozambique.

"Nous allons très rapidement monter à plus de 8.000 (...) et je crois que la tendance ira à monter peut-être au delà de 10.000" soldats, a assuré Jean Ping.

Le président américain Barack Obama s'est de son côté "engagé à maintenir le soutien (américain) à l'UA et à la mission de l'UA en Somalie" et a salué la contribution "héroïque" de l'Ouganda et du Burundi à cette force, dans un message lu dimanche à Kampala par le ministre américain de la Justice Eric Holder.

L'Amisom constitue le dernier rempart du très fragile gouvernement de transition somalien du président Sharif Cheikh Ahmed face aux attaques répétées des shebab, qui contrôlent la plus grande partie du sud et du centre de la Somalie.

Le sommet de l'UA doit également se prononcer pour un renforcement du mandat de l'Amisom, l'autorisant à aller au combat contre les islamistes.

Sur l'autre sujet principal d'actualité africaine, la situation au Soudan, l'UA a répété qu'elle ne comptait pas appliquer les mandats d'arrêts de la Cour pénale internationale contre le président Omar el-Béchir, en dépit d'une nouvelle inculpation de ce dernier pour génocide le 12 juillet.

"Mettre un chef d'Etat en exercice sous le coup d'un mandat d'arrêt porte atteinte à la solidarité africaine, ainsi qu'à la paix et à la sécurité en Afrique pour lesquelles nous nous sommes battus pendant des années", a affirmé le président en exercice de l'UA, le malawite Bingu wa Mutharika.

Mais après avoir nargué la CPI en rendant visite à son voisin le Tchad, pourtant signataire du traité de Rome fondant la juridiction internationale, le président Béchir a jugé plus prudent de ne pas faire le déplacement en Ouganda, également tenu en théorie de l'arrêter.

L'UA a par ailleurs décidé de rejeter une demande de la CPI d'ouvrir un bureau en Afrique, un décision prise samedi lors d'une réunion préparatoire au sommet et qui doit encore être entérinée par les chefs d'Etat.

 

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