SOUDAN

Libération des deux humanitaires allemands enlevés fin juin au Darfour

Les deux humanitaires allemands de l'ONG THW qui avaient été enlevés le 22 juin au Darfour ont été libérés ce mardi. Les deux hommes "vont bien" selon le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.

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AFP - Les deux travailleurs humanitaires allemands de l'organisation THW enlevés le 22 juin au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile et à une vague de rapts d'expatriés, ont été libérés mardi.

L'annonce de la libération a été faite à Berlin par le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle.

"Les deux hommes se trouvent sous la protection des autorités soudanaises et seront transférés dans le courant de la journée à Khartoum", a-t-il dit dans un communiqué, en faisant part de son "soulagement".

"Compte tenu des circonstances, ils vont bien", a-t-il ajouté en remerciant les parties impliquées dans leur libération, notamment "les responsables soudanais".

"Je leur ai parlé. Ils sont en bonne santé", a déclaré à l'AFP Jürgen Maresch, chef de la mission de l'organisation allemande THW au Soudan.

Les deux humanitaires, âgés de 34 et 52 ans, avaient été enlevés par des hommes armés inconnus dans leurs bureaux de Nyala, la métropole du Darfour, vaste région de l'ouest du Soudan où la sécurité ne cesse de se dégrader.

Il s'agissait de la première fois que des étrangers étaient kidnappés dans leur bureau au coeur de Nyala, ville de plus d'un million d'habitants.

"Ils ont été libérés ce matin à Kebkabiya et ont ensuite été conduits à Nyala", a dit à l'AFP Chris Cycmanick, porte-parole de la mission de paix ONU-Union africaine au Darfour (Minuad).

La zone de Kebkabiya est l'un des secteurs les plus sensibles du Darfour qui est contrôlé par des tribus arabes. Plusieurs otages au Darfour ont passé leur captivité dans cette zone que le gouvernement soudanais ne contrôle plus selon certains observateurs.

"Ils viennent de quitter Nyala dans un avion du CICR et doivent arriver à Khartoum vers 19H00 (16H00 GMT)", a précisé un responsable au sein du Comité international de la Croix-Rouge.

L'organisation THW - Technisches Hilfswerk - n'est pas une ONG, mais une agence fédérale allemande dédiée au soutien technique dans les cas de crises humanitaires.

C'était la première fois que des Allemands étaient enlevés au Darfour, région en proie à une vague d'enlèvements de travailleurs humanitaires et d'Occidentaux depuis l'émission, en mars 2009, d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et contre l'Humanité.

Depuis, 17 étrangers, dont dix Occidentaux, y ont été enlevés. Ils ont tous été libérés sauf une humanitaire américaine de l'organisation évangélique Samaritan's Purse enlevée au mois de mai.

"Au début j'étais bien traitée, mais plus maintenant, ma vie et ma santé sont désormais menacées", a déclaré lundi à l'AFP la jeune femme. "Je n'ai pas d'eau potable, la situation a tourné au cauchemar tout d'un coup. Il y a 20 hommes actuellement autour de moi", a ajouté l'humanitaire dont l'identité a été confirmée auprès de l'AFP par des responsables de l'ONG Samaritan's Purse.

Ces derniers ont toutefois demandé à ce que le nom de l'otage -qui n'a jamais été révélé- ne soit pas publié.

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