FRANCE

Mise en examen de la mère des huit nouveau-nés retrouvés morts

La mère des huit nouveau-nés retrouvés morts dans le nord de la France a été mise en examen jeudi. Selon une source proche de l'enquête, elle aurait avoué avoir étouffé les bébés. Le père présumé des nourrissons a été remis en liberté.

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AFP - La mère de huit nouveau-nés retrouvés morts cette semaine à Villers-au-Tertre (Nord) a été mise en examen jeudi midi par un juge d'instruction de Douai, mais pas son mari, dans cette affaire d'infanticides apparaissant comme la plus importante en France.

Selon le procureur de Douai, Eric Vaillant, la mère des enfants, Dominique Cottrez, aide-soignante de 45 ans, a été mise en examen pour "homicides volontaires de mineurs de moins de 15 ans" et elle a été écrouée. Elle encourt ainsi la réclusion à perpétuité.

Contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps, le père, Pierre-Marie Cottrez, charpentier du même âge, n'a pas été mis en examen pour "non dénonciation de crimes et recels de cadavres", comme l'avait pourtant requis le parquet. Il a donc été laissé libre.

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Explications de notre correspondant Jérôme Bonnard

Le déni de grossesse est "un mobile qui n'a pas du tout été avancé" par la mère soupçonnée, a précisé le procureur.

Selon une source proche de l'enquête, l'épouse a expliqué avoir étouffé les bébés qu'elle venait de mettre au monde mais elle a affirmé que son mari ne savait rien des grossesses et des homicides. Ce dernier a confirmé ses dires.

Dans le village de Villers-sur-Tertre, jeudi matin, le curé du village avait disposé huit petites bougies devant le portail de la maison où résidait le couple. Ce portail a été recouvert de couvertures par les gendarmes pour masquer l'enceinte de la maison.

"J'ai une pensée pour tous les enfants du monde. J'ai une pensée pour ces petits qui n'ont pas demandé à naître et qu'on jette quelques heures après", a déclaré l'abbé Robert Meignotte devant des journalistes.

"Je suis très ému, je baptise cinq enfants tous les dimanche dans les 17 villages de la paroisse. On ne jette pas des enfants comme ça dans des sacs poubelle. On ne comprend pas", a-t-il ajouté.

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Explications d'Eric Vaillant, le procureur de Douai

Samedi, les nouveaux propriétaires d'une maison, qui appartenait auparavant aux parents de Dominique Cottrez, avaient fait la première découverte macabre dans leur jardin. Alors qu'ils s'apprêtaient à replanter un arbre, ils sont tombés sur les ossements de deux nouveaux-nés dans des sacs plastique enfouis sous terre. Sous le choc, ils ont aussitôt alerté la gendarmerie.

Les enquêteurs, aidés de cinq chiens et deux maîtres-chien, ont ensuite fait des recherches dans la maison des parents présumés, située un peu plus loin, où ils ont retrouvé six nouveaux cadavres.

Arrêtés mardi et interrogés depuis par les gendarmes, les époux Cottrez sont décrits par leurs voisins comme des gens sans histoire, le père faisant même partie du conseil municipal de Villers, selon le maire Patrick Mercier.

"C'était son troisième mandat. C'était un bénévole, quelqu'un de respectable", a expliqué l'élu jeudi matin devant des journalistes.

La mère, "est une personne qui sortait très peu, qui participait peu à la vie de la commune", a-t-il ajouté, précisant qu'elle avait "un problème de poids", qui pourrait expliquer que ses grossesses soient passées inaperçues.

"Personne ne s'est rendu compte de quoi que ce soit", a souligné le maire.

Décrits comme avenants, serviables, polis et courtois, les interpellés sont parents de deux filles âgées d'une vingtaine d'années, qui ont elles-mêmes des enfants.

Les recherches de corps ont pris fin mercredi soir. Jeudi matin, le village de 620 âmes était calme en dehors de l'agitation des nombreux journalistes venus de plusieurs pays européens. Les habitants de Villers exprimaient leur imcompréhension et leur choc devant le drame, mais se montraient plutôt bienveillants à l'égard des parents.

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