NUCLÉAIRE

Areva-EDF, un an de bras de fer arbitré par l’État

Depuis plus de 12 mois, l’État pousse EDF à occuper un rôle central dans la filière nucléaire française, secteur hautement stratégique qu’il souhaite réorganiser au détriment d’Areva, champion français du secteur.

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30 juin 2009 : Feu vert à une augmentation du capital d’Areva.
Pour couvrir les quelque 10 milliards d'euros d'investissements prévus par Areva d'ici à 2012, le conseil de surveillance du groupe vote un plan de financement qui prévoit, entre autre, une augmentation de 15 % de son capital.

23 novembre 2009 : Henri Proglio prend ses fonctions à la tête d’EDF.

Le candidat choisi par l’Élysée insiste sur sa volonté de "repenser toute la filière" nucléaire en plaçant EDF à sa tête et en ramenant Areva au rôle de "sous-traitant important".

1er décembre 2009 : Areva cède sa filiale de transmission et de distribution d’électricité T&D à Alstom et Schneider Electric.
L’État français poussait le groupe nucléaire à réaliser cette opération pour qu’il finance ses investissements tandis qu’Anne Lauvergeon, PDG d’Areva, déjà fragilisée sur d’autres dossiers, rechignait à le faire.

27 décembre 2009 : Revers pour le nucléaire tricolore.
Le consortium français (EDF, GDF Suez, Total, Areva, Vinci et Alstom) perd l’appel d'offres portant sur la construction de quatre réacteurs nucléaires à Abou Dhabi, pour un contrat de 20 milliards de dollars, au profit d'un consortium américano-sud coréen.

19 janvier 2010 : Le ton monte entre EDF et Areva.
L’électricien accuse le groupe d'Anne Lauvergeon, dont il est un important client, d'avoir "interrompu (...) les opérations d'approvisionnement" en uranium de ses centrales nucléaires. De son côté, Areva explique que seuls le transport et le traitement des déchets nucléaires ont été suspendus en raison de l'expiration du contrat qui liait les deux groupes jusqu'à la fin de 2009.

19 janvier 2010 : L’État ramène la paix.
Le Premier ministre François Fillon, qui a rappelé le "rôle de l'État dans la filière nucléaire", convoque Anne Lauvergeon et Henri Proglio à Matignon pour faire avancer le dossier. Le 6 février, les deux groupes trouvent un accord qui met un terme à leurs différends quant à l’approvisionnement en uranium des centrales.

22 mai 2010 : Un dossier classé secret-défense.
Alors que Nicolas Sarkozy avait promis de rendre publiques ses décisions concernant l’avenir du nucléaire français en avril, l’exécutif repousse l’échéance. Le rapport commandé cinq mois plus tôt à l’ex-patron d’EDF, François Roussely, sur lequel l’Élysée appuie sa réflexion, est classé secret-défense.

Juin 2010 : Pression des syndicats.

Les organisations syndicales, inquiètes du retard pris dans le plan de financement d’Areva, accusent l’État (actionnaire à hauteur de 2,4 % du groupe nucléaire) de ne pas prendre ses responsabilités.

27 juillet 2010 : L’Élysée donne l’avantage à EDF.
Lors de la présentation du rapport Roussely, la présidence annonce qu’"un accord de partenariat stratégique entre EDF et Areva (…) sera mis en place". Précisant que "l’éventualité d’une prise de participation d’EDF dans le capital d’Areva sera examinée", l’Élysée fait part de sa volonté de confier un rôle central à l’électricien dans le nucléaire civil français.
 

28 juillet 2010 : Les précisions de Christine Lagarde.
Au lendemain de l’annonce de l’Élysée, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, précise sur RTL qu’EDF doit devenir le chef de file des opérations d’export d’énergie nucléaire "chaque fois que c'est souhaitable". Quant au capital, elle indique qu’il sera ouvert "à ceux des partenaires qui sont prêts à entrer et avec lesquels nous travaillons déjà depuis longtemps".
 

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