BANGLADESH

Violentes manifestations des ouvriers du secteur textile à Dacca

Des milliers d'ouvriers du secteur textile ont manifesté, ce vendredi, au Bangladesh, pour protester contre des hausses de salaires jugées insuffisantes par rapport à leurs revendications. De nombreux commerces ont été saccagés dans la capitale.

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AFP - De violentes manifestations d'ouvriers du textile ont éclaté vendredi dans la capitale du Bangladesh après l'annonce de hausses salariales jugées décevantes, a-t-on appris auprès de la police qui a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Au moins 5.000 manifestants ont saccagé un quartier commerçant situé dans le centre de Dacca, où de nombreuses ambassades et des organisations humanitaires étrangères ont aussi leurs bureaux.

"Ils ont brisé des vitrines, pillé des magasins avant d'y mettre le feu", a déclaré le chef de la police du quartier Gulshan, Nural Alam. Au moins trois policiers ont été blessés en essayant de contenir les manifestations.

"Nous avons déployé des centaines de policiers anti-émeute et nous avons arrêté quelques manifestants", a-t-il ajouté.

Dans un district voisin, environ 3.000 ouvriers ont attaqué la police, jeté des pierres sur les usines et bloqué l'accès à un pont autoroutier, selon le chef de la police locale, Abdur Rob.

"Les manifestations ont éclaté très vite mais elles sont maintenant sous contrôle", a-t-il affirmé, précisant que plusieurs usines de ce district avaient été sévèrement endommagées.

Selon la police, des milliers d'ouvriers ont aussi bloqué l'artère principale de Dacca, arraché des rideaux de fer protégeant des usines et vandalisé des voitures.

Mardi, le Bangladesh a annoncé une augmentation de 80% du salaire minimum de ses millions d'employés du secteur textile après des mois de violentes manifestations portant sur les conditions de travail et les salaires.

Un comité d'urgence sur les salaires constitué de fonctionnaires du gouvernement, d'industriels et de syndicalistes a déclaré que le minimum salarial mensuel allait passer de 1.662 taka (23 dollars) à 3.000 taka (43 dollars) à partir du 1er novembre.

Mais si certains syndicats d'ouvriers ont accepté cette hausse, d'autres l'ont rejetée, la jugeant loin des 5.000 taka initialement demandés.

Le mois dernier, des centaines de milliers d'employés avaient fermé une usine clé de l'exportation textile qui fabrique notamment des vêtements pour des chaînes occidentales comme Wal-Mart, H et M ou encore Marks et Spencer.

Selon la représentante du Forum des ouvriers du textile, qui a rejeté la hausse salariale, les ouvriers pourraient appeler à une grève nationale jusqu'à ce que le gouvernement accède à leur demande.

"Le gouvernement a simplement fait ce que les propriétaires des usines veulent. Cette offre n'est pas acceptable", a déclaré Mosherafa Mishu. Selon elle, au moins 50 manifestants ont été blessés et plus de 100 arrêtés.

L'industrie textile au Bangladesh emploie 3,5 millions de personnes.

En juin, les exportations ont battu un record en atteignant 1,72 milliard de dollars, soit la meilleure performance réalisée en quarante ans.
 

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