COLOMBIE

Le chef des Farc tend la main au futur nouveau président

Dans une vidéo diffusée vendredi, les Farc émettent le souhait de dialoguer avec le président élu Juan Manuel Santos pour trouver une solution politique. Une offre qui intervient alors que les tensions entre Bogota et Caracas sont vives.

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AFP - La guérilla des Farc a proposé au président élu colombien Juan Manuel Santos de dialoguer pour trouver une solution politique à son long conflit armé, dans une vidéo diffusée vendredi, en pleine crise entre Bogota et Caracas sur la présence présumée de guérilleros au Venezuela.

"Ce que nous proposons aujourd'hui, une fois de plus, c'est de discuter (...) Nous sommes toujours attachés à la recherche de solutions politiques. Nous souhaitons que le gouvernement qui va prendre ses fonctions réfléchisse et cesse de mentir au pays", déclare Alfonso Cano, principal chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxiste), dans cette vidéo filmée en juillet 2010 dans les montagnes du pays andin.

Cette proposition survient une semaine après l'annonce par Caracas de la rupture de ses relations diplomatiques avec Bogota, en réponse aux accusations du gouvernement sortant de Alvaro Uribe qui affirme que le Venezuela héberge 1.500 guérilleros et des dizaines de camps rebelles colombiens.

Une réunion extraordinaire des chefs de la diplomatie sud-américains, jeudi à Quito, n'a pas permis de rapprocher les deux pays.

Cette vidéo d'une demi-heure, diffusée sur le blog de la revue Resistencia, présentée comme un organe de diffusion des Farc par le ministère de la Défense, sort aussi une semaine après que le président vénézuélien Hugo Chavez eut appelé les guérillas colombiennes à "reconsidérer leur stratégie armée".

Le futur vice-président de Juan Manuel Santos, Angelino Garzon, a déclaré en début de semaine qu'il "apprécie hautement" les propos de Chavez, chef de file de la gauche radicale régionale.

Uribe a en revanche fustigé le "plan de paix" pour la Colombie, présenté à Quito par le Venezuela, qui a pour but selon lui de permettre aux rebelles de "reprendre leur souffle".

Cano, chef d'état-major des Farc depuis le décès en 2008 du fondateur de la guérilla Manuel Marulanda, souhaite notamment débattre de l'accord militaire conclu l'an dernier par Bogota, qui permet à l'armée américaine d'utiliser sept bases en territoire colombien.

"Il faut que nous parlions de l'indignité que représente l'existence de sept bases avec des troupes militaires américaines en Colombie", estime Cano.

Il propose d'aborder de nombreux autres sujets (droits de l'homme, "prisonniers de guerre", propriété des terres...).

Santos, qui prendra ses fonctions le 7 août, a été le ministre de la Défense d'Uribe en 2006 à 2009.

Il a porté des coups très durs à la guérilla, notamment avec la libération de 15 otages des Farc, dont l'ancienne candidate à la présidentielle franco-colombienne Ingrid Betancourt, en juillet 2008 ou le bombardement d'un campement des Farc en Equateur, quatre mois plus tôt.

Cette attaque avait coûté la vie à 25 personnes, dont le numéro deux des Farc, Raul Reyes, et provoqué une rupture des relations diplomatiques avec Quito pendant plus d'un an et demi.

Selon Cano, les précédentes tentatives de dialogue entre le pouvoir et la guérilla fondée en 1964 ont "échoué, car il n'y avait pas la volonté de trouver des solutions".

"Les innombrables gouvernements qui ont promis d'en finir avec le conflit armé par la voie militaire ont également échoué", a-t-il cependant ajouté.

Les Farc sont encore actives sur près de 50% du territoire colombien et compteraient entre 7.500 et 10.000 combattants selon les estimations.

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