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Les Rwandais ont participé en masse à une élection présidentielle sans grand enjeu

Sans réelle opposition, Paul Kagame apparaît comme l'ultra-favori du scrutin qui s'est déroulé dans le calme ce lundi. Des résultats provisoires sont attendus mercredi dans la journée.

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Les 15 500 bureaux de vote ont fermé au Rwanda, après une journée de scrutin qui s’est déroulée sans incidents. Les résultats provisoires sont attendus mercredi dans la journée.

Les Rwandais se sont déplacés en masse pour élire leur président, selon le secrétaire général de la Commission électorale nationale (NEC). Le dépouillement a immédiatement commencé dans plusieurs bureaux de la capitale.

Le résultat de l’élection ne laisse pratiquement aucun doute. Sans réelle opposition, le président sortant Paul Kagame est assuré de décrocher un nouveau septennat à la tête du pays.

Celui-ci a glissé son bulletin dans l’urne d’un bureau aménagé dans une école primaire de Kigali, aux alentours de midi. "C'est un moment très important pour le peuple et le Rwanda (...). L'élection se déroule de façon très démocratique", a-t-il déclaré à cette occasion, rejetant une nouvelle fois les critiques internationales. "Les résultats parleront d'eux-mêmes", a-t-il commenté, tout en se félicitant d'une "sécurité excellente" entourant le scrutin.

Au dernier jour de la campagne, le chef de l’État avait affirmé qu’il "n’hésiterait pas à faire ses valises" en cas de victoire d’un autre candidat. Une éventualité peu probable… Face à lui, trois autres candidats sont en lice. Tous sont plus ou moins acquis à sa cause. En outre, pendant la campagne, aucun d’entre eux n’a véritablement fait le poids face à l’omniprésent candidat Kagame.

Tutsi de 52 ans, Paul Kagame dirige le Rwanda, petit pays d'Afrique centrale, depuis que le Front patriotique rwandais (FPR) qu’il dirigeait a mis fin au génocide rwandais en renversant le gouvernement intérimaire, en 1994.

Visionnaire ou despote ?

Élu avec 95 % des voix lors de la première élection présidentielle post-génocide, en 2003, et fort d'un important soutien international, Paul Kagame se targue d’avoir mis en œuvre une politique de développement économique volontariste axée sur les services et les nouvelles technologies, ainsi que sur la modernisation de l'agriculture. Cité en exemple pour sa lutte contre la corruption, le Rwanda figure parmi les pays les plus en pointe dans la défense de l'environnement. Des performances qui peinent toutefois à faire oublier l’autoritarisme de son président. Chef de guerre controversé, il est décrit par ses admirateurs comme un leader visionnaire, alors que ses détracteurs ne voient en lui qu’un despote. "Kagame laisse au Rwanda moins d'espace politique et de liberté de la presse que (Robert) Mugabe au Zimbabwe", accusait récemment l’hebdomadaire britannique The Economist.

Opposition muselée

Les signes de tensions se sont d’ailleurs multipliés ces derniers mois, les organisations de défense des droits de l'Homme comme Human Rights Watch (HRW) dénonçant un climat de répression croissant et des "menaces" et des "agressions" contre l'opposition. Il en a résulté "un climat de répression apparemment destiné à inhiber la liberté d’expression à l’approche de l’élection", a renchéri de son côté Amnesty International.

Pour aller plus loin

De son côté, l’opposition ne se faisait guère d’illusions sur l’issue du scrutin. Trois partis créés récemment, dont deux non reconnus par les autorités, ont de facto été exclus du scrutin. Dénonçant une "farce électorale", ils ont qualifié les trois rivaux de Kagame de candidats fantoches. Et ce n’est pas tout : un candidat annoncé, Bernard Ntaganda, est sous les verrous, tandis que l'opposante Victoire Ingabire a été placée sous contrôle judiciaire. L’un et l’autre sont notamment accusés de négation du génocide rwandais. Basés dans l’est de la République démocratique du Congo, les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont certains sont recherchés par Kigali pour leur participation présumée au génocide de 1994, ont appelé, quant eux, à rejeter par avance les résultats de "cette mascarade électorale".

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