GOLF

La suprématie mondiale de Tiger Woods ne tient plus qu'à un fil

Après avoir signé la pire performance de sa carrière la semaine dernière, Tiger Woods, quelque peu perturbé par ses déboires conjugaux, risque de perdre sa place de numéro un mondial qu'il occupe depuis près de 250 semaines.

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"Jouer 18 au-dessus du par, c’est pas marrant", commentait Tiger Woods, laconique, après le week-end cauchemardesque qu’il a vécu à Akron (Ohio), lors du tournoi  Bridgestone Invitational. Loin de son niveau habituel, l'Américain s’est classé 78e (sur 80) après avoir rendu une carte de 298 sur 72 trous joués, soit la pire performance de sa carrière. Décidément pas dans son assiette, le golfeur a même blessé des spectateurs en envoyant par deux fois sa balle valdinguer dans le public.

Maigre consolation : le numéro un mondial a conservé son rang dans la hiérarchie mondiale. Celui qui convoite sa place, son compatriote Phil Mickelson, n'était pas non plus au meilleur de sa forme puisqu'il s'est classé à la 46e place.

Mais la contre-performance de Mickelson ne laisse à Woods qu’un fragile sursis. Dès le jeudi 12 août, le golfeur de San Diego aura l’occasion de faire tomber le Tigre du trône, qu’il occupe sans discontinuité depuis juin 2005, lors de l’USPGA à Kohler (Wisconsin), l’un des quatre tournois majeurs de la saison.

Pour rester numéro un mondial, Tiger Woods devra donc sérieusement relever son niveau de jeu. Y arrivera-t-il ? "Il l’a dit lui-même, il enchaîne rarement une bonne performance après une mauvaise, rappelle Jean-François Bessey, rédacteur en chef adjoint du mensuel "Golf européen". Mentalement, il est dans une situation qui perturbe son jeu dans tous les secteurs."

Divorce et contre-performances

Car depuis plusieurs mois, Tiger Woods fait davantage la une des journaux pour ses déboires conjugaux que pour son put. À la fin de 2009, la presse américaine avait fait ses choux gras d’une violente dispute - qui s’était terminée à l’hôpital - avec sa femme, qui lui reprochait ses infidélités. Les semaines suivantes, les médias s’étaient livrés au grand déballage, chaque jour amenant son lot de révélations sur l’active vie sexuelle du meilleur golfeur au monde. Face à la pression, Tiger Woods avait mis sa carrière sportive entre parenthèses pour suivre une thérapie avant de revenir à la compétition en avril 2010.

Pour son retour sur les greens, le golfeur américain avait décroché une honorable quatrième place au Masters d’Augusta. Mais, depuis juillet, il a enchaîné les performances indignes de son rang (46e du AT&T National, 23e du British Open) sur fond de procédure de divorce (son ex-femme lui réclamerait près de 100 millions de dollars et la garde de leurs deux enfants).

Difficile en effet de briller lorsqu'on a plein de soucis en tête… Surtout dans le golf, sport où le mental reste un paramètre absolument primordial. "Tous les joueurs que j’ai vu jouer alors qu’ils étaient en instance de divorce ont plongé. Par exemple, le Français Jean Van de Velde, qui a divorcé il y a dizaine d’années, a mis un à deux ans avant de retrouver son meilleur niveau", explique Jean-François Bessey.

Tiger Woods semble parfaitement conscient de ces difficultés. Dimanche, il a admis qu’il n’aurait peut-être pas le niveau pour décrocher une place dans l’équipe américaine de la mythique Ryder Cup, qui se déroulera du 1er au 3 octobre prochain au Pays de Galles. En tout cas, il ne baisse pas les bras. Lundi, il a inscrit deux nouveaux tournois à son agenda de fin de saison (Masters de Shanghaï et Masters d’Australie, en novembre prochain).

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