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Des touristes étrangers dont quelques Français ont pu quitter Potosi

Bloqués depuis une semaine suite à un conflit social, une trentaine de touristes - dont une dizaine de Français - ont pu quitter Potosi, dans le sud de la Bolivie. La ville minière reste toujours paralysée.

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AFP - Une trentaine de touristes étrangers, dont des Français, ont pu quitter mardi la ville de Potosi, dans le sud de la Bolivie, où ils étaient bloqués depuis une semaine par un conflit social, a-t-on appris de source consulaire.

Au départ, une cinquantaine avait quitté la ville dans l'après-midi à bord de cars et minibus vers Sucre, à 150 km. Mais une quinzaine a dû rebrousser chemin à un barrage de grévistes, tandis que les autres ont pu arriver à destination en fin de journée, a indiqué à l'AFP le consul de France en Bolivie, Frédéric Laurent.

Il n'était pas possible mardi soir d'établir avec certitude le nombre de touristes encore sur Potosi, hormis la quinzaine refoulée --dont 10 Français--, une vingtaine d'étudiants ayant choisi de rester, et un petit groupe de Britanniques.

Mardi matin, trois Français, dont une jeune femme nécessitant une médication régulière, avaient pu quitter la ville en hélicoptère accompagnés par le consul, après avoir passé un barrage dans des conditions tendues, malgré l'autorisation dont ils disposaient, selon le consul de France.

Le petit groupe a essuyé des jets de pierres, et les pneus de la voiture qui les acheminait vers l'hélicoptère ont été crevés à un barrage, a-t-il indiqué, ajoutant: "Le pilote a eu du cran".

Parmi les touristes évacués dans l'après-midi figuraient, outre les Français, des ressortissants espagnols, japonais, israéliens, argentins et australiens notamment, a-t-on précisé de même source.

Le convoi était accompagné du gouverneur de Potosi, Felix Gonzalez, et d'une délégation du comité de grève local se rendant à Sucre pour des négociations avec le gouvernement central sur le conflit, qui dure depuis 13 jours.

Cette escorte a permis de franchir les barrages tenus par des mineurs, où ces derniers jours, les touristes avaient été refoulés, parfois même menacés, à plusieurs reprises.

Une vingtaine de Français a choisi rester sur Potosi, a précisé le consul. Il s'agit d'étudiants d'une école de commerce, l'ESSEC, actuellement en mission humanitaire annuelle auprès d'enfants et de familles de mineurs.

Mais plusieurs hôtels interrogés par l'AFP ont assuré être vides de touristes mardi.

Potosi, ville minière de 160.000 habitants, est paralysée depuis fin juillet par une grève générale, unissant syndicats, secteur privé, mais aussi élus locaux, qui réclament au gouvernement central plus d'investissements dans la région, notamment un aéroport international, une route et une mine.

Les griefs des Potosinos incluent également un différend limitrophe avec la province voisine d'Oruro.

"A l'origine du conflit, il y a dans la population (de Potosi) le sentiment d'être laissé à l'écart", estime Carlos Cordero, sociologue à l'Université catholique de La Paz. "La perception est que Potosi a donné beaucoup au pays, mais malgré tout, reste à la traîne".

La ville, à 500 km de La Paz, fut pendant les siècles suivant la conquête espagnole une des plus riches villes des Amériques, grâce à sa mine d'argent inépuisable, qui a depuis été remplacée par l'étain, le zinc puis le plomb. Mais la province est l'une des moins développées du pays, avec 66% de pauvreté.

Des pénuries d'essence, de médicaments, d'aliments se font sentir depuis le week-end dans Potosi. Mais le comité de grève a autorisé la tenue d'un marché mardi pour que les ménages se réapprovisionnent. Des conserves, des fruits, du riz notamment y étaient disponibles, à des prix élevés.
 

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