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Paris lance une nouvelle vague d'expulsions de Roms

Près de 300 Roms doivent être renvoyés de France vers la Roumanie ce jeudi. Hier, le ministre de l'Immigration, Éric Besson, a annoncé une "accélération des reconduites de ressortissants bulgares et roumains".

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AFP - En pleine visite de deux ministres roumains à Paris, la France renvoie jeudi par avion près de 300 Roms vers la Roumanie, le gouvernement voulant "accélérer" ces reconduites, malgré la vague de critiques.

La plupart des Roms sont originaires de Roumanie et de Bulgarie, deux pays membres de l’Union européenne (UE) depuis 2007. Ils peuvent donc circuler librement dans les pays de l'UE, mais sont soumis à des restrictions "transitoires". Ils doivent notamment demander une autorisation pour travailler en France.

Comme tous les Européens, les Roms sont soumis à une obligation de ressources s'ils désirent rester en France au-delà de trois mois. Ils peuvent également être expulsés à tout moment s'ils sont reconnus coupables de troubles à l’ordre public.

Après deux séries de vols la semaine dernière, deux avions "spécialement affrétés" transportant des Roms, originaires de Roumanie ou de Bulgarie, doivent décoller de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle à 12H00 avec 158 personnes et de Lyon vers 11H30 avec 125 personnes.

Quatre autobus sont arrivés dans la matinée au terminal 3 de Roissy, débarquant plusieurs dizaines d'hommes, femmes et enfants - le visage fermé - et sous bonne escorte policière. Ces Roms enregistraient sur un vol Blue Air à destination de Bucarest. Chargés de valises ou de sacs en toile, les voyageurs n'ont fait aucune déclaration.

Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a annoncé mercredi à l'AFP une "accélération des reconduites de ressortissants bulgares et roumains", sans dire explicitement qu'il s'agissait de membres de la communauté des Roms originaires de ces deux Etats de l'Union européenne.

Avec les vols de ce jeudi, ce seront 8.313 Roumains et Bulgares qui auront été raccompagnés, en grande majorité "de manière volontaire", depuis le 1er janvier, contre 9.875 pour l'ensemble de l'année 2009, selon M. Besson.

Ces chiffres ont été divulgués par M. Besson en pleine visite de concertation à Paris de deux ministres roumains et au moment où la Commission européenne a exprimé une "certaine inquiétude" sur la politique française à l'égard des Roms.

Les deux responsables roumains - Valentin Mocanu, secrétaire d'Etat chargé de l'Intégration des Roms, et Dan Valentin Fatuloiu, secrétaire d'Etat chargé de l'Ordre et de la Sécurité publique - ont été reçus mercredi par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux en compagnie de M. Besson et du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche.

Les deux pays ont souligné "la volonté des gouvernements roumain et français de mieux gérer les flux migratoires bilatéraux, de soutenir le renforcement des politiques d'intégration des populations défavorisées".

Les Roumains doivent revoir M. Lellouche jeudi après-midi.

Ces dernières semaines, la France a été critiquée par l'ONU, la Commission européenne, le Conseil de l'Europe et par le Vatican pour ses mesures contre les Roms.

Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a critiqué jeudi la "surenchère verbale" à propos de la politique gouvernementale contre l'insécurité, tout en estimant "qu'on n'a pas vocation à accueillir tous les Roms en France".

48% des Français se disent favorables aux reconduites en Roumanie de Roms dont les camps ont été démantelés cet été, selon un sondage CSA pour le Parisien/Aujourd'hui en France. 42% des Français sont opposés à ces renvois.

Apaisant, le Premier ministre François Fillon avait appelé mardi à agir "avec fermeté, continuité et justice, sans laxisme ni excès" dans le dossier des Roms et à ne pas "instrumentaliser" la lutte contre l’immigration irrégulière.

Simultanément, M. Hortefeux a annoncé que la délinquance de nationalité roumaine avait augmenté de 138% en 2009 (3.151 faits contre 1.323 en 2008).

Par ailleurs, 13 Roms bulgares, dont deux enfants, sont rentrés mercredi soir à Sofia. Le ministre de l'Intérieur, Tsvetan Tsvetanov, a déclaré ne trouver "rien d'inquiétant" dans cette politique française de reconduite aux frontières.
 

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