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Expulsion des Roms : Brice Hortefeux maintient le cap

Le ministre de l’Intérieur et le ministre de l'Immigration ont annoncé que 128 des 300 campements illicites de Roms recensés en France ont été démantelés. Ils ont également fait part de leur volonté d'étendre les critères d'expulsion des étrangers.

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Ces rapatriements volontaires en échange d'une somme d'argent que reçoivent nos concitoyens roms pour accepter de revenir en Roumanie, ce n'est pas une solution [...]. Nous comptons sur la coopération honnête de Paris. Il faut des logements, améliorer l'accès à l'éducation, au système sanitaire. Cela ne pourra pas se faire en 48 heures. C'est un problème multiséculaire et transnational.

Teodor Baconschi, ministre roumain des Affaires étrangères

 Le ministre français de l'Intérieur a inauguré lundi matin une aire d'accueil pour gens du voyage dans les Alpes-Maritimes. Quelques heures plus tard, il présentait, Place Beauvau, à Paris, les chiffres concernant  les démantèlements de campements illégaux de Roms en France, consigne donnée par le président Nicolas Sarkozy à la fin de juillet.

Entre ces deux évènements, Brice Hortefeux ne voit aucune contradiction. Chaque fois, le discours est le même : "Les opérations d'évacuation des camps illégaux et illicites vont se poursuivre parce qu'elles sont légitimes et nécessaires", a-t-il répété. Selon lui, "la politique du gouvernement repose sur deux jambes. D'une part, le démantèlement des camps illégaux". D'autre part, la mise en place, conformément à la loi Besson, "d'aires capables d'accueillir dans la dignité, la salubrité et la légalité les gens du voyage".

La conférence de presse, qui s’est tenue en présence du ministre de l'Immigration, Éric Besson, et du secrétaire d'État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, visait surtout à afficher la cohésion du gouvernement sur cette question, après les sorties d'Hervé Morin et de Bernard Kouchner.

Lundi matin, le ministre des Affaires étrangères a, en effet, avoué avoir eu "le cœur serré" par le sort réservé aux Roms et déclaré avoir songé à "démissionner". De son côté, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a fustigé dimanche les discours de "la haine, de la peur et du bouc-émissaire", estimant que la lutte contre l'insécurité était "vouée à l'échec" si elle ne comportait qu'un "seul volet répressif".

"Actes répétés de vols ou mendicité agressive"

La plupart des Roms sont originaires de Roumanie et de Bulgarie, deux pays membres de l’Union européenne (UE) depuis 2007. Ils peuvent donc circuler librement dans les pays de l'UE, mais sont soumis à des restrictions "transitoires". Ils doivent notamment demander une autorisation pour travailler en France.

Comme tous les Européens, les Roms sont soumis à une obligation de ressources s'ils désirent rester en France au-delà de trois mois. Ils peuvent également être expulsés à tout moment s'ils sont reconnus coupables de troubles à l’ordre public.

Au cours de la conférence de presse, Éric Besson a annoncé que 128 campements illicites occupés par des ressortissants roumains ou bulgares ont été démantelés depuis la fin du mois de juillet. Le nombre de Roumains et de Bulgares reconduits dans leur pays s'élève à 979, dont 151 expulsions. Quatre vols ramenant des Roms dans leur pays ont été spécialement affrétés. D'autres le seront les 14 et 20 septembre.

Le 28 juillet, Nicolas Sarkozy avait demandé au gouvernement d'accélérer les démantèlements de campements illégaux en France, dont une partie est occupée par des Roms, principalement originaires de Roumanie et de Bulgarie. Le ministre de l'Intérieur a pour consigne de démanteler, en trois mois, la moitié de ceux présents sur le territoire, soit environ 300.

Éric Besson et Brice Hortefeux ont également tenu à justifier cette politique en établissant un lien direct entre immigration illégale des Roms en France et délinquance. Le ministre de l'Intérieur a affirmé que les actes de délinquance perpétrés par des Roumains ont augmenté de 259 % à Paris en 18 mois. Présent Place Beauvau, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, a ajouté qu'un acte de délinquance sur 20 était commis par un Roumain (5,71 %).

Plus de 8 300 Roumains et Bulgares ont été reconduits dans leur pays en 2010, a précisé Éric Besson.

"L'objectif annoncé par le président de la République du démantèlement de la moitié des camps illicites de notre pays dans les trois mois sera tenu", a pour sa part déclaré Brice Hortefeux à la presse dans les Alpes-Maritimes.

Le ministre de l'Immigration a par ailleurs profité de la conférence de presse pour annoncer sa volonté d'élargir la possibilité de reconduites à la frontière "pour menace à l'ordre public, à l'occasion d'actes répétés de vols ou de mendicité agressive". Un amendement qui sera ajouté à la loi sur la sécurité intérieure, dont l'examen commencera à l'Assemblée nationale le 27 septembre. 

 

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