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IRAK

Les forces américaines achèvent leur mission de combat sans gloire

Texte par : Eric OLANDER
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6 mn

Sept ans après l'entrée en guerre des États-Unis en Irak, l'armée américaine termine sa mission de combat ce mardi. Barack Obama en fera l'annonce officielle dans un message télévisé diffusé depuis la Maison Blanche.

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Le 20 mars 2003 est une date emblématique de l'histoire des États-Unis. Pendant des semaines, les chaînes d'information du pays avaient diffusé sans relâche les images des préparatifs à la guerre. Puis, soudainement, toutes les radios et télévisions avaient interrompu leurs programmes pour transmettre un message enregistré directement depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche.

"Mes chers compatriotes", avait commencé le président Bush, d'une voix inhabituellement grave, "à cette heure, les forces américaines et de la coalition entament des opérations militaires visant à désarmer l'Irak, à libérer son peuple et à défendre le monde face à un grave danger."

Avec ces quelques mots, les États-Unis s'embarquaient avec confiance dans une odyssée de 2721 jours qui s'achève ce mardi avec, là aussi, une intervention télévisée depuis le Bureau ovale. C'est toutefois un autre président qui enverra, cette fois, un bien plus humble message.

Loin de l'opération "Choc et stupeur", lancée avec fanfare par le président Bush, Barack Obama doit, quant à lui, exprimer sa gratitude aux 1,5 million d'hommes et de femmes qui ont combattu en Irak au cours des sept années de conflit. Le président américain rendra également hommage aux milliers d'Américains tués en Irak et à ceux, plus nombreux encore, qui rentrent mutilés d'une guerre que la majorité de la population préfèrerait maintenant oublier.

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"UNE MISE EN SCÈNE ASSEZ ÉLABORÉE"

Un autre message risqué depuis le Bureau ovale

Pendant sa campagne présidentielle, le candidat Obama avait promis de mettre fin à cette guerre et de ramener les soldats au pays. Son discours, attendu ce mardi soir, peut ainsi apparaître comme la concrétisation de cette promesse. Mais, si l'opinion publique soutient largement la décision d'Obama, sa stratégie n'est toutefois pas sans risque.

"Peut-être Obama a-t-il le droit de savourer une victoire partielle, mais ce n'est pas le bon moment pour le retrait des troupes, estime l'analyste de l'Institut Brookings pour le Moyen-Orient, Michael O’Hanlon, dans le "Washington Post". "Si j'étais lui, j'attendrais que l'Irak ait un gouvernement et que les Irakiens soient rassemblés", a-t-il expliqué.

Depuis les élections législatives du 7 mars, le gouvernement irakien reste profondément divisé. Aucun des principaux partis n'a remporté de mandat clair. Cette impasse dangereuse menace de déstabiliser un peu plus le pays. Lundi, l'ancien Premier ministre Iyad Allaoui a répété que son parti, Irakia, soutenu par les sunnites, ne formerait pas d'alliance avec la formation rivale chiite, Al-Dawa, dirigée par l'actuel Premier ministre Nouri Al-Maliki.

Malgré d'intenses efforts de lobbying de la part des gouvernements syrien, libanais et américain, entre autres, aucun des deux leaders irakiens ne semble montrer de signe de compromis.

Avec une stabilité politique dans les limbes et une insurrection violente qui continue à frapper les populations civiles en Irak, Barack Obama fait un pari audacieux. Sa décision de retirer les troupes américaines ne va-t-elle pas déboucher sur une guerre ouverte entre groupes politiques, religieux et d'insurrection ? C'est la question que beaucoup sont en droit de se poser. Une semaine avant la fin officielle de la mission américaine dans le pays, une série d'attentats, dont 14 attaques à la voiture piégée, a fait au moins 53 victimes et 300 blessés.

"Cela va aller..."

Le vice-président américain Joe Biden est arrivé à Bagdad, ce mardi, pour superviser la cérémonie de changement de commandement, qui aura lieu le lendemain. Cet évènement marquera le début officiel de l'opération "Aube nouvelle" et la fin de la prééminence américaine dans le pays. Désormais, les forces américaines ne pourront plus effectuer unilatéralement des opérations de combat, sans le consentement explicite des militaires irakiens.

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MISSION INACHEVÉE

"C'est un jour qui restera dans les mémoires de tous les Irakiens. L'Irak devient aujourd'hui un pays souverain et indépendant", a estimé Nouri Al-Maliki dans un discours retransmis par la chaîne publique Iraqiya.

Mais alors que les militaires américains s'en vont, l'armée irakienne est-elle suffisamment formée, unifiée et préparée pour sécuriser le pays ? Le chef du gouvernement irakien a assuré que les forces irakiennes "sont capables d'assumer leurs responsabilités". Mais de nombreux analystes américains, aussi bien libéraux que conservateurs, s'inquiètent pourtant publiquement de la possibilité, en cas d'échec des militaires irakiens, d'un retour des troupes américaines à Bagdad.

Joe Biden et d'autres responsables américains font au contraire preuve d'optimisme. "Cela va aller pour nous, cela va aller pour eux", a déclaré le vice-président aux journalistes à Bagdad, lundi.

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