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EUROPE

Dans ses "Mémoires", Tony Blair confesse ne pas avoir "vu le cauchemar irakien arriver”

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24 avec dépêches

Dernière modification : 02/09/2010

Dans ses "Mémoires" sorties dans le monde entier ce mercredi, l’ex-Premier ministre défend sa décennie au pouvoir. Parmi les questions qu'il passe en revue, il évoque les deux guerres de son mandat : celles contre l'Irak et contre... Gordon Brown.

Trois ans après son départ du 10 Downing Street, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair fait son retour… dans les librairies. Et ses "Mémoires" (intitulées "A journey", en anglais), sorties dans le monde entier ce mercredi, n’ont pas échappé à la presse britannique, qui n’a pas eu accès aux bonnes feuilles de l'ouvrage en avant-première.

Les révélations les plus inattendues de cet ouvrage de 718 pages rédigé dans un style direct sont à chercher, sans conteste, dans le passage concernant l’Irak - un chapitre qualifié d'"émouvant" par le quotidien "The Guardian", tandis que le "London Evening Standard" y voit une grande "hypocrisie".

On peut y lire que Tony Blair "ne regrette pas la décision d’être entré en guerre" même s'il confesse à demi-mots qu'il n'a jamais "pressenti le cauchemar qui a suivi et [que] cela aussi fait partie de la responsabilité. La vérité, c'est que nous n'avons pas anticipé le rôle d'Al-Qaïda ou de l'Iran", poursuit-il.

"Je ne peux pas dire pardon avec des mots mais avec des actions pour la paix."

Tony Blair

L'ancien Premier ministre (1997-2007) avoue aussi avoir versé de "nombreuses larmes" pour les soldats britanniques tombés au combat. "Je ne peux pas dire pardon avec des mots, mais avec des actions pour la paix, dans ma vie à moi, qui continue", écrit-il. Son engagement pour la guerre en Irak en 2003 lui a valu une baisse de popularité auprès des Britanniques dont il n’a jamais réussi à se remettre, pas même en 2009 au moment de l'élection du président du Conseil européen.

Pour Philippe Le Corre, auteur de "Tony Blair, les rendez-vous manqués", ce dernier était convaincu du bienfait de son engagement, pour des raisons idéologiques. "Il signe, en fait, un aveu sans pour autant s’excuser. C’est son côté prêcheur", commente-t-il en référence au surnom de "Révérend Blair" que les humoristes britanniques lui avaient donné à l'époque.

L’ancien Premier ministre a cédé les droits de son ouvrage (dont les 5,6 millions d’euros d’avoirs) à la Royal British Legion, une ONG qui s’occupe des soldats vétérans blessés.

Gordon Brown au pouvoir : "Un désastre que je n’ai pu éviter"

Gordon Brown était un grand stratège politique capable d’analyses remarquables [...], mais c’était un zéro sur le plan émotionnel.

Tony Blair

Dans son livre, Tony Blair consacre également un long passage à Gordon Brown, son ex-ministre des Finances, avec lequel il a partagé le pouvoir pendant dix ans. Et lève un peu plus le voile sur leur relation qu’on savait tendue. "Gordon Brown était un grand stratège politique, capable d’analyses remarquables. Il était une immense force, mais c’était un zéro sur le plan émotionnel. Je savais que son arrivée au pouvoir serait un désastre, mais je n’ai pas pu l’en empêcher", lâche-t-il.

"Je suis parvenu à la conclusion qu'il valait mieux l'avoir à l'intérieur, et sous contrôle, qu'à l'extérieur et incontrôlé ou, pire, devenant la figure de proue d'une force de gauche susceptible de faire bien plus de dégâts", affirme également Tony Blair.

L’inimitié était si pesante que celui-ci avoue avoir régulièrement bu le soir pour évacuer le stress. Il évoque "un whisky ou un gin tonic à l'apéritif et un ou deux verres de vin, voire une demi-bouteille" au dîner. Rien "d'excessivement excessif", selon lui, qui en parle toutefois comme d'"une béquille".

Blair rend Brown responsable du revers électoral des travaillistes en mai dernier, qualifiant de "désastre" ses trois années à la tête du gouvernement (2007-2010). Le 6 mai dernier, l’élection du conservateur David Cameron à la tête d'une coalition a mis fin à 13 années de pouvoir travailliste. Blair se dit d’ailleurs persuadé que le Labour a perdu en 2010 parce qu'il a cessé d'être le "New Labour", accusant une nouvelle fois Brown d'avoir pris un tournant keynésien, privilégiant la croissance au détriment de la réduction du déficit.

De nombreux médias ont par ailleurs critiqué le fait que l’avocat de formation devenu un homme d’affaires engrangeant des millions en tant que consultant revienne sur son mandat avec autant de satisfecit : la modernisation du Labour; sa "lune de miel" avec le pays dont il voulait faire "le phare de l'univers"; son engagement "pour défendre la monarchie contre elle-même" au moment où elle paraissait ne pas partager le chagrin du peuple après la mort de la princesse Diana ; la paix en Irlande du Nord.

Présent à Washington pour participer à la reprise des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens, l’auteur ne sera pas à Londres pour voir comment son livre a été accueilli. En revanche, au Royaume-Uni débute l'élection qui aboutira à la désignation d'un nouveau dirigeant travailliste le 25 septembre. Sans prendre ouvertement position, Blair a toutefois laissé entendre qu'il avait une préférence pour David Miliband, héritier le plus fidèle du "New Labour" selon lui.

L’ancien Premier ministre sera de retour dans son pays le 8 septembre pour une séance de dédicace. Les militants anti-guerre ont déjà prévu de lui réserver un accueil particulier en organisant une manifestation.

Première publication : 01/09/2010

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