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Un redressement significatif du moral des cadres

Après avoir atteint son plus bas niveau en juin dernier sur fond de crise grecque et de perte de confiance des marchés financiers concernant l’euro, l’indice du moral des cadres connaît un net redressement en cette rentrée 2010.

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Sondage Viavoice réalisé pour HEC, Le Figaro Economie, France Inter et France 24. Interviews effectuées en ligne du 20 au 25 août 2010. Échantillon de 400 personnes, représentatif de la population des cadres résidant en France métropolitaine. Représentativité assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge, statut d’activité (salarié du secteur public ou du secteur privé).

 

Analyse de François Miquet-Marty, Viavoice

 
Cette amélioration significative s’inscrit dans le contexte des bons chiffres de la croissance et annoncés début août (0,6 % de croissance au deuxième trimestre). Elle masque toutefois des inquiétudes toujours fortes pour l’avenir, caractérisées notamment par des perspectives en berne concernant les évolutions de carrière.
Une reprise du moral des cadres, sur fond de signaux encourageants concernant la croissance

Si la reprise a été limitée en ce début d’année avec la volatilité des marchés et les
inquiétudes liées aux mesures de rigueurs, les chiffres annoncés par Christine Lagarde
durant l’été ont fait office de bouffée d’air avec 0,6 % de croissance au deuxième trimestre (contre 0,2 % au premier) puis 35 000 créations de postes (+0,2 %), confirmant les espoirs de reprise.

C’est dans ce contexte encourageant qu’est enregistrée la forte progression de l’indice du moral des cadres (-41, + 6 points), déployée sur plusieurs registres :

- Pour 63 % d’entre eux, les cadres estiment que le nombre de chômeurs augmentera dans les mois qui viennent, mais ce chiffre est en baisse de 11 points par rapport aux données enregistrées en juin, et de 17 points par rapport à celles qui étaient connues il y a un an ;
- Par ailleurs 16 % des cadres pensent que le niveau de vie en France va s’améliorer dans les mois à venir, en hausse de 5 points ;
- Ces perspectives encourageantes favorisent en outre l’amélioration de la motivation des cadres, qui se redresse après avoir fortement chuté (36 %, +3 points).

 

La persistance d’un pessimisme de fond et de faibles perspectives de carrières

Toutefois ce redressement de la confiance appelle à être relativisé : non seulement parce que les cadres restent très majoritairement inquiets pour la situation économique nationale, mais encore parce qu’ils ne discernent pas encore, pour eux-mêmes, les effets de la reprise.

En premier lieu, 77 % des personnes interrogées déclarent que le taux de croissance de +0,6% enregistré au deuxième trimestre ne les « rend pas particulièrement optimistes pour l’avenir de la croissance », alors que seuls 15 % sont d’un avis contraire.
Ce pessimisme persistant est conforté par des perspectives personnelles en demi-teinte :

- Seuls 15 % envisagent des opportunités de progression de carrière (-3 points) dans les
mois qui viennent, cet indicateur atteignant son plus bas niveau depuis le début de la crise en 2008, un phénomène touchant par ailleurs tant le secteur public (14 %, -4 points) que le secteur privé (16 %, -2 points) ;

- Qui plus est, 17 % des cadres (+4 points) estiment que leur situation financière personnelle va s’améliorer, contre 39 % d’un avis inverse (+4 points également), signe d’une évolution des revenus très inégale.

Des cadres relativement favorables à la réduction des niches fiscales

En dépit des difficultés, une majorité relative de cadres (47 %) plaide en faveur d’une « forte réduction des niches fiscales », contre 39 % qui préfèrent « une faible réduction ».
Ces chiffres partagés expriment en premier lieu l’importance reconnue à la nécessité d’une réduction significative du déficit budgétaire. Et ils vont à ce titre dans le sens de la mise en place du plan de réduction de certains crédits et exonérations d’impôts, annoncé à hauteur de 10 milliards lors du récent déjeuner de travail interministériel de Brégançon.
Elles correspondent, en second lieu, aux incertitudes qui persistent sur l’identité des niches fiscales mises en cause ou supprimées. Au total, les cadres affirment à la fois une préférence de principe, et un doute empirique.

Le plus profond de la crise est-il désormais dépassé ?

En dépit des fragilités persistantes, la progression actuelle du moral des cadres livre une
promesse : la répudiation définitive de l’étiage calamiteux enregistré avant l’été (-47). Ce
mauvais score, qui avait été le plus décevant jamais enregistré depuis la création de ce
baromètre début 2004, apparaît aujourd’hui comme un plancher que les perspectives
actuelles autorisent à dépasser. Cela dépend notamment, pour les mois qui viennent, des
scénarios de croissance et d’emploi au plan macroéconomique, et des hypothèses
personnelles que connaîtront les cadres. Il s’agit, à la fois, d’un enjeu de conjoncture et de
psychologie.


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